Espace de liberté entre domination capitalo-sexiste ou sexiste-marchande et oppression conservatrice ou intégriste

samedi 8 novembre 2014
par  Amitié entre les peuples
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Espace de liberté entre domination capitalo-sexiste ou sexiste-marchande et oppression conservatrice ou intégriste

Complément à « Femme-objet pour le commerce et prostitution : ne pas confondre ! » .
http://amitie-entre-les-peuples.org/Femme-objet-pour-le-commerce-et

D’abord sur un point de détail. Il est noté menus artifices mobiles de séduction et objet structurels de séduction (chirurgie). C’est un critère de distinction qui fait que les premiers ne posent pas de souci puisqu’ils se mettent et s’enlèvent librement alors que les seconds sont structurels et permanents et relèvent de la chirurgie. S’agissant de ces derniers on peut noter que malgré les dégâts occasionnés par les prothèses mammaires de mauvaise qualité il y a de nouveau reprise de la demande. Cela est du non seulement aux motifs esthétiques mais aussi aux cancers du sein débouchant sur une ablation. Il est bien difficile en ce cas de critiquer les femmes qui sollicitent une opération chirurgicale pour avoir une nouvelle poitrine. Je dirais aussi que certaines femmes demandent à se refaire les seins car elles jugent d’elles-mêmes que leurs seins (d’origine) étaient vraiement trop moches. Là je n’ai rien à dire. Il en va différemment quand il y a pression du mari ou du contexte.

On peut certes évoquer la production de stéréotypes sexistes à l’origine de ces jugements mais on peut estimer aussi que le sentiment permanent du beau et du laid existe à travers l’histoire et sur tous les continents. La seule objection que j’ai entendue à ce jour est qu’il y a eu ici ou là (ou ?) de rares société « spirituelles » ou la beauté du corps était quasiment sans importance. Ici, les femmes comme les hommes ne sont pas cachés par des vêtements de nature sexoséparatiste comme cela se pratique dans les sociétés ou les intégristes autoritaires sont dominants, bien au contraire. Simplement, le corps et la chair n’ont pas de forte attirance de part lui-même et n’est pas valorisé comme atout de séduction. On ne sait pas non plus quelle vie sexuelle mènent ces individus. Pour qu’il y ait rapport sexuel il faut en effet un minimum d’attirance sexuelle et charnelle. Il existe des extases religieuses non charnelles mais ce sont des cas spéciaux. Toujours est-il que cela vient invalider - faiblement certes - l’argument de l’universalité historique du sentiment du beauté du corps.

Si l’on admet néanmoins un sentiment du corps beau à travers l’histoire, malgré l’existence de formes différentes de ce beau dans le temps (femmes « en chair » très appréciées à certaines époques), il faut aussi ajouter que ce sentiment de beauté peut se focaliser tantôt sur les hommes (Grèce antique) ou tantôt sur les femmes. Historiquement, l’exigence de beauté a surtout porté sur (ou contre) les femmes. Ce qui a d’ailleurs induit une certaine naturalisation du fait que la femme se fait belle. Et on a pu chercher des comparaisons avec le monde animal dont les humains sont une branche. Mais je laisse ce volet .

Cette prévalence du sentiment du beau rattaché à la femme, aux femmes ne veut pas dire que les hommes ne sont pas astreint à un minimum de beauté mais l’exigence qui pèse sur eux est nettement moins forte. Je vais oser une comparaison : si les hommes avaient des seins et des cancers du sein avec ablation les femmes trouveraient cela moche sans doute mais avec beaucoup plus de modération dans le ressenti, ce qui ne donnerait pas lieu de ce fait à abandon de rapports sexuels ou divorces ou tromperies (je reste avec toi mais je vie ma sexualité ailleurs) ou même comme je l’ai lu il y a peu répudiation.

Le second point porte sur la distinction femme-objet pour la publicité et femme-objet de séduction dans la vie courante. On remarque parfois une boucle refermée des extrêmes qui se rejoignent avec d’un côté un féminisme athée hyper-radical qui chasse non seulement les stéréotypes véhiculés par la publicité - ce qui est lutte ordinaire contre la domination capitalo-sexiste ou sexiste-marchande - mais aussi ailleurs - ce qui est souvent problématique (pas toujours) - au sein des activités quotidiennes hors commerce des femmes. Cette critique, euphémisée ou virulente, du « sexy de rue » ou du « sexy de web » (web de rencontres réelles) loin de la critique de la femme-objet pour la publicité les rapproche, malgré les différences et oppositions des conceptions de fond, des intégristes religieux qui, de l’autre côté du spectre des conceptions de vie, stigmatisent les femmes librement séduisante voire franchement sexy (en les traitant de « putes ») et qui exigent d’autorité que les femmes soient constamment couvertes bras, jambes, gorge et cou, avec voile sur les cheveux. Il faut combattre cette réduction des libertés imposées par les conservateurs athées ou les intégristes religieux qui exigent « la dignité de la femme » que pour empêcher l’égalité hommes-femmes et la liberté d’agir des femmes.

Christian DELARUE


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