Entre "Ethnos" et "Demos" : La question identitaire au Québec. C Delarue

dimanche 19 août 2012
par  Amitié entre les peuples
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Entre "Ethnos" et "Demos" : La question identitaire au Québec.

http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/170812/entre-ethnos-et-demos-la-question-identitaire-au-quebec

Quand on aborde de l’extérieur la question identitaire d’un autre pays il convient d’écarter deux risques celui des mots mal employés et l’ethnocentrisme. Le fait d’être français membre d’une communauté nationale qui écarte les problématiques identitaires n’aide pas en effet à une bonne réflexion. Cette question identitaire est particulièrement complexe au Québec . La vidéo ci-dessous montre les difficultés des québécois eux-même à bien saisir le sens du mot nation au Québec.

Nation Quebec Definition - Vidéo Dailymotion
http://www.dailymotion.com/video/xppgz_nation-quebec-definition_news

Il semble que la cause tient au fait que le langage politique au Canada est sursaturé de ce terme dont le sens varie d’un locuteur à un autre. La référence constance à la nation voile aussi d’autres enjeux. Qu’est-ce qui surgit quand on critique la nation ? D’une part le ou les peuple(s) ethnique(s) - ceux qui étaient à la formation de la nation québécoise - mais aussi et surtout d’autre part e peuple-classe et les rapports économico-sociaux de classes ceux qui imposent une domination de classe, voire une prédation.

Vous remarquerez que le mot ethnie est employé qu’une seule fois à la fin à propos des identités subjectives de certains villages. Pourtant dans le discours général, qui n’est pas celui des anthropologues mais des politiques, on remarque un net effacement du peuple ethnique derrière le peuple nation. Le propos du juriste est simple : Le Canada est un Etat confédéral multinational et bilingue. Le Québec est une nation au sein de la confédération canadienne. Le juriste voit
traditionnellement le corps politique fondement de la souveraineté, celui qui depuis Hobbes et Montesquieu efface les peuples ethniques qui restent toujours sous les yeux de l’anthropologue.
Contre ce regard, il faut aussi politiquement comprendre que si les québécois dispose bien de caractéristiques propre aux peuples ethniques - une histoire, une culture, une langue propre, un
territoire, voire une religion dominante - ils ont plus que cela précisément du fait d’un processus politique ancien et de divers dispositifs institutionnels qui en découle et qui reconnaissent ce peuple
ethnique comme peuple nation. Pour Michael Ignatief in Québec une nation , "les québécois en sont venus à se reconnaître comme nation, avec une langue, une histoire, une culture et un territoire qui les caractérisent et en font un peuple distinct. Le Québec est une nation au plan civique et non une nation au plan ethnique". Quand se forme une nation comme corps politique les références ethniques disparaissent. En principe car semble-t-il il reste de l’ethnique ou de l’ethnicité, et pour les québécois et pour les amérindiens et tous les peuples autochtones.

A propos de l’emprise des religions, qui est un trait culturel important avec la langue, il apparaît que les québécois veulent de plus en plus un État laïque. Et pas accommodant, de préférence ! Mais de
quelle laicité s’agit-il ? Veulent-ils tous la séparation entre les cultes et l’Etat et la déconfessionalistion de l’école ? De plus en plus. Il faut y voir la montée en force du Mouvement laïque québécois car au début des années 80, les références à la religion étaient fréquentes, et pas que dans la société civile.

Pendant qu’on discute en termes de nation on ne se penche pas sur la question sociale. On y fait certes des études sur les professions et les statuts de façon séparées au Québec et au Canada anglophone. Mais la lutte de classe est un objet résiduel (1). Les marxistes québécois qui critiquait l’orthodoxie marxiste ignorant la question nationale n’ont-il pas trop tordu le bâton paradigmatique de l’autre sens ? Question ouverte.

Christian DELARUE

1) Le chanoine Jacques Grand’Maison, par ailleurs sociologue de profession, a défendu "l’hypothèse" (ouf !) en 1969 : "Nous ne croyons pas qu’il existe chez nous de véritables classes ouvrières, bourgeoise ou autre... Les Canadiens français ne se comportent-ils pas comme une classe-nation partageant de part en part des sentiments communs d’aliénation et de dépossession, des aspirations à une libération collective, même chez ceux qui ont un statut économique privilégié ?" Que dit-il 45 ans plus tard ?
in note de bas de page (357) de Luttes de classes et question nationale au Québec de Roch DENIS Ed PSI Montréal - EDI Paris(avril 1979)

D’autres ont parlé de "classe ethnique" en 1962 (Dofny et Rioux cité par R Denis). Le Canada français formerait en quelque sort une classe par rapport au Canada anglais. Le chanoine n’a fait que reprendre l’idée sept ans plus tard en affirmant qu’il n’y avait plus ethnie mais nation.

La problématique etnique-nationale recouvre au Québec le discours sur les classes sociales, sauf en période de luttes sociales bien caractérisées difficiles à détourner. J’avais eu l’occasion de m’en rendre compte lors de mon séjour au début des années 80.


Brèves

27 décembre 2021 - http://krismondial.blogg.org

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