« Educ pop » II : De peuple à classe(s) sociale(s). C Delarue

lundi 7 octobre 2013
par  Amitié entre les peuples
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« Educ pop » II : De peuple à classe(s) sociale(s).

Voici un parcours de notions en extension du mot peuple vers d’autres catégories de groupes humains. Le peuple qui est son point de départ est aujourd’hui un mot-valise que nous nous sommes déjà employés à préciser (I).

Peuple, partons d’une notion simple.

La définition du peuple qui a traversé l’histoire jusqu’à nous, et ce malgré de nombreux autres noms jadis diffusé (source par contre d’une grande richesse), est celle latine de populus.

Il faut avoir en tête qu’en plus des définitions objectives issues de l’histoire et des analyses (l’en soi) on évoque aussi très souvent des notions subjectives (pour soi) qui se réfère à des groupes en mouvement.Par exemple : « Le peuple qui se lève ». On remarque alors qu’il y a le tout et la partie.

I - Le tout et la partie.

Ici le peuple est un tout et non une fraction. Le peuple c’est une communauté humaine vivant sur un même territoire.
Sur cette base il s’est dégagé deux significations : le peuple ethnique en référence à des éléments culturels et plus tard le peuple nation qui est la communauté des nationaux reconnus comme tel par un Etat.

- Avec le développement de l’Etat sur la planète, la notion de peuple nation prit de l’ampleur sans effacer celle de peuple ethnique. C’est pourquoi il existe aussi des minorités nationales.

- Avec le développement de la démocratie, la communauté des nationaux est devenue celle des citoyens. Le terme citoyen remplaça celui de sujet.

- Avec le développement du républicanisme en lien avec la démocratie, on évoquera alors un peuple démocratique et/ou un peuple souverain selon le contexte.

- Avec le développement du colonialisme, d’autres noms sont apparus selon le contexte : peuples colonisé, peuple autochtone, peuple indigène.
Avec les derniers développement de la mondialisation économique, la notion de caste mondiale ou d’hyper-classe mondiale a fait son apparition face au reste de l’humanité.

Mais parallèlement à cette notion de peuple englobant - le tout - d’autres définitions se développèrent qui mirent l’accent sur la fraction, sur une partie du peuple.
Il s’agit alors d’un peuple « social » sous des formats changeants selon les périodes historiques un peuple opposé aux privilégiés soit la Noblesse jadis, soit opposé à la classe dominante de nos jours, la bourgeoisie. Plus récemment on évoque une oligarchie.

- Le sens ancien mettait l’accent sur les gens de condition très modeste : le « petit peuple », les « basses classes ». Entre les privilégiés et le « petit peuple », il n’y avait pas de « classes moyennes ». Le terme était évidemment inconnu.

- Le sens moderne, qui tient compte de la montée des classes moyennes au XX ème siècle en plus des classes modestes (et des pauvres) donna le terme de peuple-classe.

Le terme peuple-classe est proche de classes populaires bien que différent.

II - De peuple-classe à classes populaires.

Mais, à ce jour, peuple-classe signifie grosso modo les 99% contre le 1% d’en haut chez les altermondialistes et les Indignés. Or avec 99% on a bien plus que les classes modestes et les classes moyennes.
Le peuple-classe s’oppose aussi pour les « altermarxistes » à la bourgoisie ou pour les « Marx et autres » à l’oligarchie.

Abandonnant cette notion large qui porte contre les très riches, des écologistes ont évoqué un peuple-classe plus restreint à 90% en opposition au dernier décile.
Ici un lien est fait entre le niveau de revenu et de patrimoine des 10% d’en haut et la surconsommation des couches aisées et riches.
Dans nombre de pays européens, on vit aisément avec environ 2700 à 3000 euros par mois qui est la zone frontière ou plutôt la zone-plancher des 10% d’en-haut (qui rassemble les « aisés », les riches et très riches).

On trouve aussi en sociologie la notion de classes ou couches populaires qui rassemblent les couches modestes et moyennes mais pas les couches supérieures. Mais là, à la différence de peuple-classe, il peut s’agir de seulement 80% d’en-bas contre les 20% d’en-haut. Avec un groupe de deux déciles d’en-haut on a un groupe supérieur très très hétérogène. Pourtant, certains, comme Louis Chauvel, voient les classes populaires seulement à hauteur de 60% (avec 20% d’en-bas et 40% au milieu). Les 40% au-dessus ne sont pas défini et ne peuvent pas être définis comme étant les riches, ni même comme « aisés » car la partie basse des 40% d’en-haut épuise très régulièrement son revenu mensuel en fin de mois. Face aux marchés de certains biens et services (achat de maisons, de voiture) ils ont une solvabilité restreinte.

Ces analyses nous rapprochent de celles en termes de classes sociales, sur lesquelles on va juste dire quelques mots.

III - De classes populaires à classes sociales

Les marxistes orthodoxes ignorent les « couches moyennes » et plus encore les « classes moyennes ». Ils ne parlent pas non plus, sauf par facilité de langage parfois, de « classes populaires » ou de « couches populaires ». Ils définissent autrement les classes sociales. Il y a d’une part les capitalistes, les apporteurs de capitaux, les propriétaires des moyens de productions (le grand patronat et le petit patronat chez les syndicalistes de classe). Il y a, en face, dans un rapport social d’exploitation, les apporteurs de force de travail, les travailleurs salariés. En plus de ces deux classes en lutte on trouve une petite-bourgeoisie qui sont souvent (pas toujours) les travailleurs indépendants et que certains divisent entre l’ancienne pb - la paysannerie - et la nouvelle pb - les professions libérales. La question de la souveraineté des marxistes-léninistes a pour nom dictature du prolétariat et non la souveraineté nationale ou la souveraineté populaire qui sont deux grandes notions du droit constitutionnel et de la science politique.

D’autres, qui se définissent comme néomarxistes ou comme « Marx et autres », mélangent une analyse de type marxiste en termes de rapports sociaux avec une analyse en termes stratificationniste (couches sociales).

Christian DELARUE

1) « Educ pop » I : Clarifier l’usage d’un mot valise : le peuple.
http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article2808

Pour des développements plus amples lire sur Mouvements : Classe dominante et oligarchie contre peuple souverain et peuple-classe.


Brèves

26 janvier 2016 - Christian DELARUE, des engagements, un parcours militant

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