E Plénel voudrait-il un multiculturalisme cheval de Troie de l’intégrisme religieux ?

mercredi 9 mars 2016
par  Amitié entre les peuples
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Edwy Plénel voudrait-il un multiculturalisme, cheval de Troie de l’intégrisme religieux sexoséparatiste ?

Il y a tout lieu de le penser comme d’autres d’ailleurs de la « gauche régressive » (Maajid Nawaz). La gauche progressiste et le peuple-classe 99% multicolore doit alors s’y opposer.

Quel « nous » ?

Invité chez Laurent Ruquier dans l’émission « On est pas couché » du 5 mars dernier, Edwy Plenel, patron de Mediapart, y plaide pour le multiculturalisme tout en faisant la promotion de son livre « Dire nous ».

- Dire nous avec le 1% d’en-haut ? Ce serait mettre ensemble le loup de la finance avec les agneaux du peuple-classe 99%.
- Nous citoyens de toute culture ? Pourquoi pas mais pas sans limite . Notamment pas avec l’acceptation des intégrismes religieux. Surtout pas !
- Nous avec la laïcité, celle de 1905 et de 2004, c’est d’accord. Pas lui ! La laicïté favorise plus la sociabilité, la sécularisation et l’interculturel nécessaire au vivre ensemble que le multiculturalisme qui fige les identités .

Multiculturel, sans mode de vie sexoséparatiste imposé.

« Le multiculturalisme, c’est la réalité de nos sociétés. Nous sommes d’origine, d’horizon, de culture différente. Quand j’entends le Président de la République dire : ‘Je ne connais qu’une communauté : la communauté nationale’, je dis que c’est céder à tous ces monstres parce qu’on est français ET breton, français ET musulman, français ET antillais, français ET algérien, français ET plein d’autres choses. »

Que l’on soit bien clair, les musulmans ne « nous » gênent pas, pas plus en tout cas que les juifs croyants ou les catholiques ou autres religions mais ils ne doivent pas 1) nous « pomper l’air » avec leurs discours ou Dieu vient - pour certains (pas tous) - à tout propos sans se préoccuper de savoir si çà gêne ! ou, autre hypothèse plus pénible, 2) pour nous imposer leurs signes religieux ostensibles (SOR) de façon trop proximale (de très près) et trop durable (trop longtemps), le « trop près » et le « trop longtemps » étant des critères cumulatifs en matière de tolérance et de sociabilité. Le terme « imposé » ne vaut ici (et dans ces conditions citées) que dans la société civile, hors école (2004) et hors fonctions pédagogiques scolaires, (puisque la question de se pose pas dans l’appareil d’Etat pour les fonctionnaires).

La sociabilité n’est qu’un aspect du problème car l’autre, beaucoup plus grave, tient en l’acceptation des intégrismes religieux particulièrement réactionnaires sous couvert de multiculturel et de multiculturalisme. Là c’est non !

Des liens à faire entre le « sociétal » et le reste.

Par ailleurs, nous voulons bien poser les questions de solidarité entre peuples-classe 99% multicolore du Nord et ceux du Sud, notamment d’Afrique, car il y a soumission commune à la finance prédatrice. C’est un problème de rapprocher ces « people 99% » séparés par l’impérialisme des élites oligarchiques et impérialistes.

Nous voulons bien lutter aussi contre la domination sexiste (et sexoséparatiste) partout, sans prétention à se placer au-dessus du lot, mais parce que cela va dans le bon sens. Refuser le viol, les violences sexistes, la prostitution et les inégalités hommes-femmes au travail, à la maison et dans les médias.

Christian DELARUE

Groupe Société et cultures du Conseil scientifique d’ATTAC

Addendum

La lecture d’un encart du livre « Introduction aux Cultural Studies » d’Armand Mattelard et Erik Neveu permet la critique suivante :

Le multiculturalisme est une « notion caoutchouteuse » défendant le respect des minorités, comme si tout était respectable chez les minorités dés lors que la dite culture est minoritaire.

Le multiculturalisme n’est ni un concept, ni une théorie, ni un mouvement social ou politique. Il s’agit d’un « discours écran dont le statut intellectuel résulte d’un gigantesque effet d’allodoxia (le fait de prendre une chose pour une autre) national et international qui trompe ceux qui n’en sont pas. Ce discours écran souffre de trois vices : le « groupisme » qui réifie les divisions sociales, ... ; le « populisme » qui remplace l’analyse des structures et des mécanismes de domination par la célébration de la culture des dominés et de leur « point de vue » élevé au rang de proto-théorie en acte ; le « moralisme » qui fait obstacle à l’application d’un sain matérialisme rationnel dans l’analyse du monde social et économique et condamne ici à un débat sans fin ni effets sur la nécessaire « reconnaissance des identités ».


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