Du local au global, le changement à tous les niveaux territoriaux - C Delarue

mardi 16 décembre 2008
par  Amitié entre les peuples
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Du local au global, le changement à tous les niveaux territoriaux.

Pour un « Autre monde, une autre Europe, une autre France ».

source Véritablement pour un Autre monde, une autre Europe, une autre France - Chrismondial

http://krismondial.blogg.org/veritablement-pour-un-autre-monde-une-autre-europe-une-autre-france-a116008272

Introduction avant de rebondir sur le texte « martyr » de Marc Delepouve.

Pour une transformation à tous les niveaux territoriaux .
.

Il me semble que chez certains camarades d’ATTAC il y a la tentation de faire en quelque sorte le grand pas entre le local - avec l’apologie de la décentralisation allant jusqu’à la fragmentation - et l’autre Europe (démocratique, sociale, écologique, anti-impérialiste) en sautant ce qui peut se faire au niveau national et étatique.
Ce que j’observe - et que je ne partage pas - se combine à un double discours qui - soit critique radicalement ce qui se fait en Europe pour mieux ramener l’inititiative au plan national (avec l’idée de nationalisations et de pôle financier public par exemple), - soit au contraire se veut anti-étatique mais pro-européen de transformation radicale.

Dans le premier cas ce qui est sous-estimé c’est la rupture à engager pour de véritables nationalisations. Des nationalisations voulant aller vers le socialisme ne peuvent respecter les règles du Conseil constitutionnel de 1982 (1). Dans le second cas, ce qui est sous-estimé c’est l’ampleur de la transformation à accomplir étant donné d’une part l’absence d’Etat (pour l’appropriation publique) et d’autre part l’effet de taille qui accroît fortement la délégation de pouvoir dans toutes les structures y compris celles qui se veulent sociales, syndicales et citoyennes. Les procédés d’intervention citoyenne épisodique au-delà de l’élection passent par ce qu’on appelle la transcroissance des luttes (2), autrement dit par une dynamique historico-sociale qui nait et se développe dans un pays avant de s’étendre par effet de contagion à un autre puis à un autre mais qui atteint très difficilement tout un continent.

Pour ma part, ainsi que l’indique un texte de Marc Delepouve (sur lequel j’ai aussi travaillé puisqu’il s’agit d’un texte « martyr » - 3) je suis favorable à une réappropriation à tous les niveaux y compris au plan national sinon nous passons de l’émiettement du localisme faussement démocratique (puisqu’il ne pèse au mieux que sur des enjeux locaux) à l’éparpillement du continentalisme difficilement affaire des citoyens et des peuples-classe.

Christian Delarue

1) *En 1982, le spectre des nationalisations socialistes - C Delarue*

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article455

2) Transcroissance des luttes
La déferlante de la colère de la jeunesse arrive de Grèce en France dans plusieurs villes.

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article76130

3) Autre monde, autre Europe, autre France - Marc Delepouve
http://www.france.attac.org/spip.php?article6370

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POUR UN AUTRE MONDE, UNE AUTRE EUROPE, UNE AUTRE FRANCE.

Version de Christian DELARUE qui ne reprend pas intégralement le « texte martyre » de Marc DELEPOUVE

Marc DELEPOUVE, alors membre fondateur FSU d’ATTAC Frtance, a écrit un texte destiné aux modifications (publié sur le site ATTAC France en juin 2006). Je le reprends dans ses grandes lignes mais je m’en dégage suffisamment pour présenter une version nouvelle.

L’autre monde, l’autre Europe, l’autre France à construire ne peuvent être décrits tels des univers de science fiction
écrit Marc DELEPOUVE, mais ils ne sauraient non plus être fondés sur les mêmes bases que ce monde qui a pour caractéristique d’être toujours dominé par le capitalisme et l’impérialisme même si les formes de cette domination a changé. Lorsque la contestation s’attaque au cœur du système pour le renverser et non l’aménager c’est bien pour fonder une autre société sur d’autres bases . En effet, un basculement véritable ne saurait au regard des expériences historiques se concevoir sans crise et affrontements entre ceux d’en haut et ceux d’en bas pour le dire rapidement en référence rapide à Lénine . C’est que les couches sociales dominantes et dirigeantes - la bourgeoisie et ses appuis - qui ne cèdent déjà pas aisément sur l’accessoire ne cèdent surtout pas sans combat intense sur le principal.

De sa présynthèse au Manifeste je reprends simplement l’idée des « quatre moteurs et des quatre exigences ». Les rédacteurs du Manifeste d’ATTAC introduisent eux leur propos sur l’idèe de « Scier les 7 piliers du néolibéralisme », les scier à la racine... afin de faire germer autre chose . On pourrait proposer comme Marc de changer de « moteurs » ou de logiques . L’idée de base serait que l’altermondialisme d’ ATTAC s’est constitué à partir d’un projet qui s’est étoffé ces dernières années tout comme le trajet qui mène au projet.

Si l’on reprends la terminologie de « *dynamique altermondialiste* » issue du texte du comité local de Rennes on peut dire que la dynamique altermondialiste générale regroupe à la fois la question du projet et du trajet et même celle du sujet social porteur de la dynamique. Je renvoie à la fiche rennaise écrite pour le Manifeste sous le titre « Notre altermondialisme » (cf. lien ci-dessous).

Le projet altermondialiste n’est évidemment pas sans sujet porteur et même sans sujet bénéficiaire : en théorie comme en pratique il s’agit *des peuples * (le peuple-classe) et* des citoyens*. Cela mérite d’être discuté car évoquer « des droits pour tous » tend à faire l’impasse sur cette question. Militant(e)s altermondialistes, nous ne sommes pas hors de ce mouvement d’émancipation du peuple-classe, nous y participons activement avec tous les acteurs, notamment les syndicats de salariés, les syndicats de paysans, les associations féministes, antiracistes, écologiques. Le projet altermondialiste est donc à partager dans une démarche d’éducation populaire tournée vers l’action avec eux dans le débat et dans les luttes. Notre projet s’oppose frontalement aux choix des élites, des classes dominantes et dirigeantes du monde - la bourgeoisie - qui oublient l’intérêt général de la planète et de l’humanité pour satisfaire la corporation « patronale » internationale et eux-même. L’exigence d’égalité est une valeur essentielle de notre combat d’émancipation au côté de la solidarité. Une solidarité sans égalité ne serait que reconduction d’un ordre hiérarchique et inégalitaire.

Le projet contient *le but *altermondialiste sommairement mais clairement indiqué dans le titre alors que le trajet porte sur *les processus *à savoir les altermondialisations diverses que l’on nomme aussi « mouvement de mouvements » mais aussi *des contenus* opérant à divers niveaux « rupture franche » avec l’ordre actuel à dominante capitaliste et productiviste.

I - LES 4 MOTEURS DE LA REGRESSION SYSTEMIQUE.

« L’humanité s’est laissée emporter dans une course folle, propulsé par quatre moteurs contre lesquels il faut poser des actes de rupture. Le premier est le néolibéralisme, le second le productivisme et la société de consommation, le troisième l’individualisme et le quatrième la domination des relations internationales par la concurrence et les rapports de force » dixit Marc Delepouve. Pour ma part j’insère le productivisme dans le néolibéralisme afin de faire place à la régression démocratique.


1- Le néolibéralisme combine trois processus contraignants
pour les citoyens ordinaires et les peuples-classe : la marchandisation généralisée, la financiarisation, l’appropriation privée des moyens de production et d’échange ainsi que des biens communs de l’humanité. Le néolibéralisme correspond à une nouvelle phase du capitalisme qui génère le productivisme et donc le consumérisme. Le productivisme consiste à produire toujours plus pour le profit, toujours plus de valeurs d’échange et moins de valeur d’usage. Produire pour le profit d’abord incite à la production de biens rapidement obsolescents voire peu utiles et même destructeurs des humains et de l’environnement, hors considération de la préservation de la planète.


2 - La gouvernance
comme processus de décision complexe réduit l’usage des procédures authentiquement démocratiques au profit des négociations entre les lobby et les experts éventuellement en y associant les dirigeants religieux et syndicaux. La gouvernance est le nouveau nom du gouvernement oligarchique qui ignore l’expression des peuples. La gouvernance néolibérale est un mode global de gestion du monde qui participe aussi de la montée de communautarisme et du recul de la citoyenneté. Elle s’accommode bien de la montée du religieux et piétine volontiers la laïcité.


3 - La domination des relations internationales par la concurrence et les rapports de force.
L’ordre du monde est hiérarchiquement structuré sur les plans économique, politique et militaire. La guerre économique se juxtapose aux guerres militaires et aux logiques sécuritaires. S’il y a bien un Nord et un Sud (cf « schéma de la coupe de champagne ») il faut ajouter immédiatement qu’il y a du sud dans nord et du nord dans le sud. Autrement dit la bourgeoisie comme classe dominante et riche se trouve aussi bien au nord qu’au sud.


4 - L’individualisme
tend à ignorer de diverses manières les multiples rapports sociaux (capital/travail pour le plus antagonique) et à préférer la lutte des places aux luttes collectives dans ou hors travail. Au plan global il dénie les appartenances multiples et les solidarités, notamment les solidarités transnationales avec les sans papiers et les immigrés extracommunautaires. L’individualisme tend à un désintérêt à l’égard de la chose publique au profit de la famille et du proximal ; il manifeste la « crise du sens » évoquée par Alain BHIR. Sur ce terreau de crise du sens germe toutes les formes de racisme et de sexisme. Dés lors, le fascisme peut être l’autre monde que nous ne voulons pas. Evoquons ici deux versions pensables : une de « reprise » néocoloniale et une à base religieuse.

« Ces moteurs se renforcent mutuellement, et constitue un système puissant, présentant une forte cohérence interne, mais aveugle au devenir de l’humanité, aveugle aux écueils et précipices vers lesquelles il la précipite : réchauffement climatique, effondrement de la biodiversité, tarissement des réserves d’eau potable, épuisement de sols agricoles et de réserves de matières premières non renouvelables ; deux milliards d’êtres humains abandonné à la misère, à l’insalubrité, près d’un milliards à la malnutrition ; près d’un milliard vivant dans des zones de conflit ; des dizaines de millions forcés à migrer pour se réfugier ; développement des paradis fiscaux et des réseaux de trafic divers et de blanchiments d’argent sale ; développement des politiques sécuritaires ; etc. »

II - LES 5 EXIGENCES MOTRICES POUR UNE AUTRE SOCIETE.


1 - L’exigence sociale
vise à rendre ce monde juste et non pas plus juste car ce serait du misérabilisme ou de l’accompagnement social du libéralisme. Sans oublier les pauvres il faut remarquer (ainsi qu’une récente étude du CREDOC le signale pour la France) que les couches moyennes de la société tendent à l’appauvrissement quand les riches s’enrichissent toujours plus et exigent même des garanties de surprofits financiers élevés. La participation de tous à la production sociale de l’existence étant un principe fondamental ne souffrant que peu d’exceptions il importe de construire une société solidaire de plein emploi sans précarité ni intensification du travail via une réduction hebdomadaire massive du temps de travail le tout sans perte de salaires. La protection sociale, la sécurité sociale étant menacées il importe de défendre la cotisation sociale ainsi que le propose B FRIOT.


2 - L’exigence écologique.
Biosphère, climat, eau potable..., les dégradations avancent à grande vitesse, à bien des égards la qualité de vie sur notre planète serait irréversiblement détériorée, la survie de l’humanité pourrait être menacée. Les citoyens mais surtout les dirigeants politiques (les gouvernements) ou économiques (les patrons des entreprises nationales ou multinationales) doivent engager sous la pression sociale des mesures de rupture nécessaires.


3 - L’exigence démocratique
 : Aller vers l’alterdémocratie .La démocratie dite représentative, est doublement restreinte par nature y compris en y ajoutant de la démocratie participative . L’ensemble du système démocratique représentatif/participatif actuel même amélioré est nécessairement limité dans son champ - le choix des représentants politiques pour l’essentiel – et dans sa périodicité – une fois de temps en temps. L’autre démocratie radicalement différente entend permettre l’intervention citoyenne dans les grands choix de la production tant dans l’entreprise que dans la société via la planification économique.


4- L’exigence d’égalité
 ; égalité antiraciste entre tous et égalité antisexiste entre les femmes et les hommes.* La solidarité doit s’accompagner d’égalité . Les réseaux internationaux de proxénétisme, forme extrême de marchandisation et de libre-échange, se développent, tirant profit de la libre circulation des capitaux et de la confidentialité assurée par les paradis fiscaux. La femme y est placée dans une situation extrême, qui n’est pas étrangère à l’organisation patriarcale de nos sociétés, et qui donne à penser sur la nature de celles-ci. Si le 20e siècle a vu un recul des inégalités entre femmes et hommes, ce mouvement a été stoppé et inversé avec l’arrivée du néolibéralisme du début des années 1980. Le retour d’intégrismes religieux et le développement des réseaux proxénètes internationaux en sont les formes les plus extrêmes.

5 - L’éxigence de solidarité entre les peuples : vise à introduire à la place de la concurrence et du rapport des forces un droit fondamental et appliqué qui ne soit pas le cache sexe de la raison d’ Etat force d’appui du capital. Le droit mondial doit fonder et appuyer la redistribution des richesses ainsi qu’un autre développement, harmonieux aux plans géographique, social et écologique, et non l’institution de mécanismes de correction du développement inégal et combiné du capitalisme. La solidarité des peuples-classe face aux différentes bourgeoisies est une idée force qui milite pour l’autre monde que nous voulons. Cela passe par l’appui de la « transcroissance des luttes », une dynamique historico-sociale qui voit une lutte sociale émerger dans un pays, s’y renforcer puis déborder et s’étendre dans un autre pays puis dans un autre encore.

Afin d’apporter à ces exigences des premières réponses aux niveaux international, européen et français, le manifeste présente des propositions concrètes qui constituent des ruptures avec la mondialisation libérale. Elles demandent parfois à être développées, ou précisée ; et elles sont à compléter par d’autres mesures.

Christian Delarue
Membre du Conseil d’ Administration d’ ATTAC France

Représentant du MRAP comme membre fondateur d’ATTAC


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