Domination dans l’expression de la religion : Croyance agressivement exhibée et imposée à autrui ou croyance discrètement symbolisée !

jeudi 5 janvier 2017
par  Amitié entre les peuples
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Domination identitaire dans l’expression de la religion : Croyance agressivement exhibée et imposée à autrui ou croyance discrètement symbolisée !

Peu importe ce qu’en disent M Chevènement ou M Macron ces jours-ci , la discrétion en religion est une vertu, pas son inverse ! L’inverse, sorte d’exhibitionnisme de la religion, ressemble fortement à un manque caractérisé de respect de la conscience d’autrui. Cela relève de l’étendard idéologique (à symbole réactionnaire) et de la domination identitaire.

Messieurs Chevènement et Macron sont des hommes politiques d’Etat et ils ont des obligations en termes de laïcité que je n’ai pas comme citoyen ordinaire . Comme membre de la société civile, d’une société civile largement sécularisée, j’ai parfaitement le droit de rappeler qu’en la matière la discrétion est une vertu puisqu’il s’agit simplement de respecter autrui. Eux non !

XX

La discrétion en religion est une vertu, pas son inverse !

La modestie et la discrétion est respect d’autrui et refus d imposer à autrui de façon proximale et durable un signifiant religieux lourd (très ostensible) dont autrui ne veux pas, à priori. Se ballader dans la rue avec un tel étendart de sa religion ne fait pas trop problème de façon générale, bien que trop puisse être franchement trop (comme à Jérusalem ou tout est religieux à suffoquer ) , mais peut faire problème dans certaines situations précises ou la présence forte devient proximale et relativement durable. C’est là qu’il y a imposition . Et refus possible ou à défaut évitement.

Si un croyant modéré - langage de M Macron - est discret alors un croyant offensif ne l’est pas. Il est celui qui cherche à imposer sa religion non seulement par l’invocation à tout propos de bondieuseries diverses (auxquelles on peut répondre si nécessaire) mais aussi par des signes religieux ostensibles.

Droit de réplique !

Sociologiquement, on ne saurait s’étonner, sauf à prendre tous les gens pour des être soumis en toute occasion, que ces individus immodestes et offensifs en religion risquent toute forme de blasphème en réponse. Juridiquement il peut y avoir un droit inaliénable de réponse en protection de la gêne subie et de la conscience séculariste bafouée face à un ou des individus prosélytes qui se comportent comme des dominants. Quand ils sont en nombre il ne reste que l’évitement, la fuite. Ce qui se traduit aussi partiellement par aller habiter ailleurs. Ce qui peut aller contre la mixité d’origine si d’autres facteurs s’y ajoutent.

Il est temps que l’on soit nombreux à le dire. ce refus. Il faut même réfléchir au type de réponse à promouvoir puisque certains pensent se protéger avec une nouvelle notion, celle de « harcèlement religieux », sans qu’il y ait répétition par un même individu (une fois suffit comme avec le harcèlement de rue), comprise comme atteinte à leur personne religieuse . Retournement de la chose donc. Car l’approche de soi répétée et collective en mode exhibition lourde de l’expression de sa religion par un croyant peut aussi être perçue par une personne sécularisèe comme une forme de harcèlement religieux (certes non encore pris en compte par la loi). Il ne faut pas se laisser faire par ceux qui nous « bouffent l’air » avec leur bondieuseries ! Dans le lot, il y a de plus des intégristes religieux. Il ne s’agit pas toujours de bigots obsédés de leur Dieu du matin au soir.

Christian Delarue

5 janv 2007 (date antérieure sur blog mediapart)

Je distingue, hors situations légales (1905 et 2004), le port distant du port en proximal (en situation durable et contrainte) d’un gros signifiant religieux. Dans le second cas il y a bien manque de respect d’autrui, manque d’égard à sa conscience sécularisée qui n’a pas nécessairement à supporter les bondieuseries . Il y a manque de respect car il y a emprise et imposition en proximal d’un gros signe religieux bien exhibé ! Je dis alors qu’on a le droit de demander de façon assertive aux intrusifs de ne pas venir nous deballer la bigotterie sous le nez !

nb : C’est juste du bon relationnel au sein de la société civile et pas une demande de changer l’article 18 de la DUDH (comme le suppose Vieux Singe qui doute à tort que je sois Secrétaire Général du CADTM) !