Désir libidinal et respect maintenu - C Delarue

dimanche 17 avril 2016
par  Amitié entre les peuples
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Désir libidinal et respect maintenu.

http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/111115/desir-libidinal-et-respect-maintenu

La thèse du « double regard » non réductionniste (1) ne dit pas que les hommes ( mais aussi les femmes ) ne portent pas, absolument jamais, de regards libidinaux, soit un regard « objectalisant » sur des femmes sexy ou hypotextiles (en string seins nus) mais ni le regardant ni le ou la regardé(e) ne sont à réduire à leur désir sexuel (pour l’un et l’autre). Ils sont possiblement plus que çà, non réductibles à çà, et ce sans cesser cet épisode très sexué, très sexualisé.

La séduction et le fait d’être subjugué, sous cette forme troublante, sont une partie normale de la vie ordinaire (qui ne saurait être réprimée). Par contre, ce qui ne l’est pas (normal) ce sont toutes les violences verbales ou physiques.

- LES UNS.

Cette théorie du « double regard » non réductionniste fait tout à la fois place à la réduction à l’apparence immédiate, donc aux effets de ce qui est perçu (avec le « sexy » et le voile religieux « séparateur » comme exemples de réduction - renvoi 1) et à la non réduction (avec le maintien ferme de la dignité humaine et du respect). Elle dit alors très concrètement que certains hommes - parlons d’eux ici surtout - même sous émois très manifestes (sic) du fait d’une regard chargé de désir n’oublient pas, jamais, que cette femme (ou cet homme pour les homosexuels) n’est pas que « objet sexuel » mais aussi être humain digne. C’est une question d’éducation que de ne pas oublier ce respect maintenu, qui en somme dit « merci » en silence" du moment de bonheur.

Pour l’homme, écrit Francisco Albéroni dans L’érotisme (p77) « la séduction n’est pas un motif de triomphe mais d’émerveillement. Elle engendre un sentiment de reconnaissance et non de supériorité ». Albéroni n’est pas Sade. A méditer !

- LES AUTRES.

Il se trouve que tous les hommes ne réagissent pas ainsi puisque certains sont agressifs, injurieux, insultants.

Certains ? Ceux qui n’appliquent la théorie du « double regard » contre le réductionnisme restent - s’agissant du sexy - peu ou prou dans la distinction classique de « la mère et de la putain » (3). C’est soit l’un, soit l’autre mais pas l’un et l’autre de façon libre et dans le respect maintenu ! Ici « putain » se rapporte à sexy (ou trop sexy) et pas à une activité prostitutionnelle (vente de son corps). Dans cette division de la représentation du monde sexué, c’est donc impossible que leur mère - mais aussi leur soeurs, leurs cousines, leurs amies - soit sexy (sauf en privé) et c’est aussi tout aussi impossible que les femmes sexy soient des femmes dignes et respectable. La réactualisation de ce vieux schéma patriarcal archaïque par les intégrismes religieux est une profonde régression

Ce schéma et l’intégrisme religieux sexoséparatiste expliquent la violence des jeunes hommes contre leur soeurs qui s’habillent sexy en grandissant . Ceux qui trouvent dans la religion des motifs forts de comportements archaïques et sexistes vont alors abonder dans le sexoséparatisme à justification religieuse. Il y a un cercle vicieux d’auto-entretien du patriarcat par une dérive hyperpatriarcale, celle qui va contre la « seconde modernité » de de Singly, soit de fait, le régime des dernières conquêtes historiques du féminisme.

- VOIR LES INEGALITES DE CONDITIONS et agir !

Face à ces agressions à la maison et plus récemment dans la rue, se développe de plus en plus une compréhension de ce qu’est le « harcèlement de rue » mais nous en sommes au début de ce qui participe au trajet vers plus d’égalité dans la liberté. (2)

Car si un homme est regardé de façon « concupiscente » par des femmes, il très est rare qu’il craigne d’être interpelé, sifflé ou pire insulté et violé.

C’est le viol et les violences masculines qui font l’énorme différence explicative. L’expérience du viol introduit la crainte dans les rapports de séduction là ou les hommes ne la ressentent pas.

- DIRE CE QUE L’ON DOIT DIRE.

Avec le viol et la prostitution on aborde le lourd du patriarcat et c’est heureux pour notre perspective de vivre ensemble que des hommes refusent l’un et l’autre, simplement, sans orgueil particulier.

Inutile de (se) dire « féministe » car cela suscite des questions, des doutes, des critiques, il suffit de dire qu’on « ne mange pas de ce pain-là », qu’on « ne va pas au bois » ! A l’heure ou cet esclavage prostitutionnel se mondialise ce n’est pas rien.

Et dire cela ne veut pas dire « no sexe » (en solo, à deux ou même en groupe pour les amateurs) comme le disent, à tort, les prostituteurs-clients qui cherchent à nous (les anti-prostitutions) faire passer pour des moines ne regardant que dieu. Finalement il s’agit de nous rabattre sur le shème de la « maman et la putain » ce qui abouti à faire perdurer le pouvoir masculin et le patriarcat avec d’une part le maintien des principes anti-concupiscence (dont le sexoséparatisme hard ou soft) surtout diffusés par les religions et d’autre part le système prostitutionnel Les uns s’accomodent historiquement des autres ! Les anti-concupiscents ne combattent pas le système prostitutionnel, jamais ! Ils mettent les femmes à la maison et ils leur impose une tenue hypertextile contre la liberté de séduction

On comprendra que pour moi - mon système réflexif - la liberté de séduction, d’être sexy, va avec l’idée d’égalité et de respect maintenu (cf double regard) mais aussi avec les idées de réciprocité (j’ai même porté un string par réciprocité - ce qui est excessif ) d’inclusivité et de diversité Lire sur ce point « Société inclusive et diversité textile - hypertextile à hypotextile - contre société bridée ! » (http://amitie-entre-les-peuples.org/Societe-inclusive-et-diversite)

Christian DELARUE

1) La théorie du « double regard » de C Delarue - Amitié entre les peuples

http://amitie-entre-les-peuples.org/La-theorie-du-double-regard-de-C

2) Le harcèlement de rue, non ce n’est pas normal - lesoir.be

Encore une initiative à souligner car l’objectif est bien de sensibiliser les hommes qui trop souvent ne saisissent pas la portée des paroles blessantes qu’ils peuvent exprimer aux femmes dans l’espace public. Une prise de conscience, qui est très bien exprimée dans cette vidéo produite pour l’association française « Villes Sans relous » :

http://www.lesoir.be/1037036/article/victoire/air-du-temps/2015-11-06/harcelement-rue-non-ce-n-est-pas-normal

3) Il y a presque dix ans dans La « mère » et la « putain » sur Bellaciao

La mère représente la personne non sexuée, sans aucune conotation de sexualisation corporelle, sans aucun érotisme vestimentaire. La mère représente donc la neutralité. La mère est aussi celle qui est respectée.

La putain, ici, n’est pas la prostituée mais la femme dont on voit qu’elle est femme, mieux la femme séduisante, non seulement libérée des préceptes religieux mais aussi affranchie du stigmate de la « fashion victim ». Il s’agit de la femme qui assume une certaine érotisation des rapports humains, qui sait que la sexualisation du corps ou d’une partie du corps est normale .

La « mère » et la « putain » - Christian DELARUE - BELLACIAO

http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=29304

Addendum

Comment Daesh crée une véritable « théologie » du viol — RT en français

Le groupe terroriste entend justifier religieusement sa politique de terreur et de viol. Selon les jeunes filles victimes qui ont pu échapper à leurs bourreaux, ces derniers estimaient que violer une non-musulmane n’était en rien répréhensible.

https://francais.rt.com/international/5623-daesh-viol-precepte-religion


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