Démondialisation et internationalisme. D Mendez

lundi 27 juin 2011
par  Amitié entre les peuples
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Démondialisation et internationalisme

Denise Mendez

Suggestion « superficielle et simpliste « en réponse au texte intitulé « La démondialisation, un concept superficiel et simpliste ».

Ce texte semble attribuer à un parti politique le Front national, la paternité de l’idée de démondialisation et l’ensemble de l’argumentaire est sous-tendu par la crainte du succès de ce parti. Ce texte semble ignorer les divers ouvrages qui traitent de la démondialisation et qui émanent de personnalités se situant à l’opposé du FN, comme Arnaud de Montebourg, Jean Louis Mélanchon, Jacques Sapir. Plus encore, la « déglobalization » a été le thème d’une conférence de Walden Bello durant le 2e Forum Social Mondial en 2003 à Porto Alegre. Les internationalistes participant au FSM n’étaient alors nullement choqués et n’ont jamais pensé que ce militant philippin directeur de Focus on the global South soit devenu un nationaliste chauvin.

Il est vrai que cette première invitation à la démondialisation se situait dans un cadre latino- américain où se trouvaient en gestation des innovations politiques, comme l’ALBA ( Alianza bolivariana para las Americas) qui liait l’anti-impérialisme à un nationalisme progressiste en même temps qu’à un internationalisme fait de solidarités concrètes entre peuples.

En filigrane de ce texte de Médiapart, on perçoit la persistance de malentendus entre altermondialistes du Sud (en particulier latino américains) et du Nord (en particulier europeo-centrés) en particulier sur les concepts de nation et de mondialisation. Pour les altermondialistes latino américains, il est clair que la mondialisation est l’ultime modalité de l’impérialisme des maîtres du capitalisme et le nationalisme révolutionnaire est une arme d’autodéfense. Les peuples du monde n’ont pas, comme les européens ce complexe de la nation hérité de l’expérience du fascisme. Ils n’ont pas non plus l’obsession de la destruction de l’Etat sachant que les puissances impériales ou néocoloniales ont toujours cherché à affaiblir ou détruire la souveraineté de leur Etat.

Etrangement, le texte de Médiapart, tout en critiquant la mondialisation capitaliste continue à lui trouver des mérites car il y voit un chemin vers l’internationalisme . Cet a priori de sympathie pour la mondialisation est un légitime héritage des Lumières. Mais on ne peut se satisfaire de mots, c’est bien pour cela que nous avions lancé l’altermondialisme. Nous assumons l’idée que l’internationalisme vise à la réalisation de l’idéal de justice et égalité entre tous les hommes de la planète, mais tout indique que le capitalisme mondialisé derrière son déguisement de société ouverte et démocratique, nous détourne de cet idéal. Par conséquent, la voie que nous avons ouverte avec l’altermondialisme nous amène à nous engager dans la démondialisation, c’est dire à défaire cette construction pernicieuse.

Or, le texte de Médiapart, qui réduit la « démondialisation » au contenu que lui donne la Front national ; nationalisme chauvin, promotion d’une identité nationale enfermement dans des frontières... oblitère le contenu des propositions progressistes de la démondialisation qui surgissent d’autres horizons politiques qui voient dans la démondialisation une déconstruction du système capitaliste et non pas le retour à l’Etat national et aux « politiques brunes » comme dit le texte. Cette déconstruction, lancée par Karl Marx avec la première Association internationale des travailleurs, s’est beaucoup complexifiée avec l’entrée en jeu des peuples les plus divers, elle est invitée à prendre des formes qui ne correspondent pas à notre vieille orthodoxie. C’est ainsi, qu’en Amérique Latine l’Etat est réhabilité et qu’il assume avec l’alliance des mouvements sociaux (voir les nouvelles constitutions plurinationales) un rôle progressiste de résistance à l’impérialisme par la dénonciation des traités de libre-échange et l’adoption de législations de protection des ressources naturelles.

L’Union européenne néolibérale est loin de l’ALBA et UNASUR, mais il est bon de se souvenir que ces constructions supranationales se sont faites à partir de la restauration des souverainetés nationales.

Le juste combat contre le Front national en France ne doit pas nous interdire une réflexion sur la place de l’Etat et la souveraineté nationale.

Denise Mendez juin 2011


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