Démission de Marine Le Pen : l’intéressée s’explique

mercredi 20 avril 2022
par  Amitié entre les peuples
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Démission de Marine Le Pen : l’intéressée s’explique

Français, Françaises,
j’ai décidé de renoncer à la candidature au poste de Présidente de la République française et je laisse donc le fauteuil à Monsieur Macron. Oui, le week-end dernier, j’ai compris que l’extrême droite que je représente devait se retirer pour éviter le pire.

En pleine préparation du débat du second tour, deux événements m’ont affolée et convaincue de renoncer : la relecture attentive de mon programme (1) et le résultat de la consultation de la bande à Mélenchon, plus largement la mobilisation autour du slogan à la mode : « Ni Macron ni Le Pen » (2). En tant que « mère de famille » et « éleveuse de chats », j’ai le devoir de protéger « les autres », y compris vous contre moi-même.

1) Peuple français, t’es devenu taré ou quoi ? Tu l’as lu mon programme, oui ou merde ?

Ce week-end, mes « collaborateurs » m’ont invitée à relire en détail mon programme sur mon site Internet (https://mlafrance.fr/programme) afin de bien préparer le débat du second tour. Alors, bonne élève que je veux être, j’ai tout relu : mes « 22 mesures », mon « projet présidentiel », mes 17 « fiches thématiques ».

Je souhaitais surtout peaufiner mes arguments anticapitalistes (à coûts de baisse de la TVA ou des cotisations patronales) et mes arguments féministes (sur l’interdiction du voile en dehors des chiottes à domicile), mais j’ai fini par redécouvrir le coeur historique de mon programme, notamment sur l’immigration. Bou Diou, mais c’est que j’avais complètement oublié certaines propositions qui sont restées en bonne place malgré ma « normalisation » et qui me démarquent substantiellement du projet macronien, tout de droite qu’il est ! Tournis de 15 citations issues de mon programme :

Est-ce Macron qui propose « d’interdire toute forme de peuplement qui vise à altérer l’identité de la France (notamment par le regroupement familial) » ? Non, c’est moi (et Zemmour car, excusez du peu, cela ressemble grandement à la lutte contre le fameux « Grand Remplacement ») !

Est-ce Macron qui propose, en conséquence, de « supprimer le regroupement familial » pour les personnes étrangères en situation régulière ou encore de « supprimer le droit du sol » pour les enfants d’étrangers nés en France ? Non, c’est moi !

Est-ce Macron qui écrit que « le séjour des étrangers en France n’est pas un droit mais doit être subordonné à la seule satisfaction des intérêts de la France » ? Non, c’est moi !

Est-ce Macron qui propose d’inscrire dans la Constitution le principe de la « priorité nationale » pour l’accès au logement social, au logement étudiant, à l’emploi, aux aides sociales... autrement dit de toujours « faire passer les nôtres avant les autres » dans l’accès à certains droits ? Non, c’est moi !

Est-ce Macron qui propose de « réserver les allocations familiales aux familles dont au moins un des deux parents est Français » ou de « doubler[...] l’allocation de parent isolé mais que pour les parents français » ? Non, c’est moi !
Est-ce Macron qui propose de « supprimer l’autorisation de séjour pour tout étranger n’ayant pas travaillé depuis un an en France » et donc de le rendre expulsable même s’il vit ici, en situation régulière, depuis 20 ans ? Non, c’est moi !

Est-ce Macron qui propose de « traiter les demandes de droit d’asile uniquement à l’étranger » et donc d’empêcher les étrangers persécutés de déposer leur demande de protection une fois arrivés en France ? Non, c’est moi !

Est-ce Macron qui écrit que « les mineurs isolés étrangers devront se soumettre à toutes les vérifications permettant de statuer sur leur situation, notamment des tests osseux » et que « ceux qui refuseront de collaborer à ces contrôles seront réputés être majeurs » si bien qu’ils deviendront expulsables ? Non, c’est moi (sachant que les tests osseux pour « vérifier » l’âge des mineurs isolés étrangers sont déjà légaux en France...) !

Est-ce Macron qui écrit que « la surreprésentation des étrangers en situation régulière ou non, parmi les délinquants et les criminels [...] doit conduire à expulser dans son pays d’origine ou dans tout autre pays où il peut légalement séjourner, selon des modalités nouvelles, tout étranger en situation irrégulière le plus tôt » ? Non, c’est moi !

Est-ce Macron qui écrit que « la loi pourra désormais réprimer pénalement toute personne qui aura, par son aide directe ou indirecte et pour quelque motif que ce soit, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation, le séjour ou le travail irréguliers d’un étranger en France ou sa soustraction à une mesure d’éloignement. Aucune exemption de peine ne pourra ainsi être accordée, au nom d’un concept détourné de « fraternité », en cas d’aide aux clandestins » ? Non, c’est moi !

Est-ce Macron qui écrit que « plutôt que d’entraver, au détriment de tous, les libertés fondamentales reconnues par les lois de la République, mon ambition est de mettre en place une législation spécifique visant les seules idéologies islamistes, qui sont la vraie menace totalitaire des temps modernes » ? Non, c’est moi !

Est-ce Macron qui « prévoit l’interdiction de la publication des écrits, y compris par voie électronique ou audiovisuelle, ayant pour objet ou pour effet la manifestation ou la diffusion de l’idéologie islamiste » ? Non, c’est moi !

Est-ce Macron qui propose que « le président de la République [...] [soit] chargé de veiller à la sauvegarde de l’identité et du patrimoine de la France » parce que « cette modification de la Constitution empêchera d’interdire la célébration de Noël en installant des crèches ou des sapins dans les lieux publics, évitera que des sites soient défigurés par des installations telles que des éoliennes, mettra un terme à l’enseignement de la langue et de la culture d’origine qui freine ou empêche l’assimilation » ? Non, c’est moi !

Alors, peuple français, tu veux toujours prendre le risque de me voir devenir Présidente ? Si j’avais gagné, tu aurais eu l’air faim avec ton « pouvoir d’achat » au milieu de centaines de camps d’étrangers pour pouvoir expulser en masse « les clandestins » ; au milieu de centaines de milliers d’enfants nés en France qui n’auraient plus eu le droit de devenir automatiquement français à leur majorité ; au milieu de millions d’étrangers en situation régulière qui n’auraient plus eu les mêmes droits que « toi » à la vie familiale, l’emploi ou le logement social ; au milieu de millions de musulmans susceptibles d’être transformés en « islamistes » à interdire ; au milieu de milliers de crèches chrétiennes ostentatoires jusques dans les entrées de métros, etc., etc.

C’est vraiment ça que tu veux ? Et tu crois vraiment que ça allait bien se passer ? Que les étrangers allaient être assez cons pour subir tout ça sans réagir et donc sans être réprimés ? Certes, Macron est responsable de pas mal de maltraitance sociale et de nombreuses violences, mais tu veux vraiment jouer à la plus « molle » avec moi ? Ou à ton nouveau jeu à la mode, surtout à gauche : le « ni ni » ? Tiens, parlons-en un peu des ninistes...

2) Sans déc’, « Ni Pétain ni De Gaulle », t’aurais validé toi comme slogan en 1942 ?

Mais qu’est-ce qu’il leur prend « à gauche » d’amplifier le « Ni Macron ni Le Pen » ? Alors que je n’ai jamais été aussi proche du Pouvoir suprême, après la longue marche familiale entamée il y a plus de 40 ans, voilà qu’ils jouent à prendre le risque... Ou alors ils pensent vraiment que, Macron et moi, c’est du pareil au même, « la peste ou le choléra » comme j’ai pu entendre ?

Ce qui m’a définitivement décidée à renoncer, c’est quand j’ai vu ce qu’annoncent les cadres électeurs qui ont investi Mélenchon : 38 % qu’ils vont voter « blanc » ou « nul », 29 % qu’ils vont s’abstenir et seulement 33 % qu’ils vont voter Macron. En clair, si tous les électeurs de Méluche faisaient pareil et si la France se résumait à ses électeurs et à ceux de l’extrême droite, ben, ça y est, je serais élue face à Macron ! Et si l’on ajoute que cette consultation cache (mal) que près de 20 % des électeurs de base de Mélenchon ont annoncé qu’ils allaient voter pour moi au second tour, vous imaginez le carton que je pourrais faire ? En clair, une part de la gauche électorale fait l’autruche et abandonne aux « autres » la responsabilité historique d’empêcher les « vrais fachos » (depuis ma « normalisation », je me convertis aussi à votre vocabulaire un tantinet fougueux mais passons...) d’arriver au pouvoir par les urnes.

En tant que repentie normalisée, je veux bien comprendre que les gens qui ont toujours pratiqué l’abstention, les militants antiracistes quotidiens de la rue ou les vrais anarchistes ne votent pas contre moi. Mais les autres là ? Ceux qu’on voit dehors surtout quand y a les élections présidentielles ou qui, tout en critiquant le « coup d’état permanent », ne cessent d’y participer depuis 60 ans et de continuer à légitimer la « flamme électorale » ? Et que dire de ceux – souvent les mêmes – qui ont voté Chirac contre mon père en 2002 ou Macron contre moi en 2017, ou même qui ont voté au premier tour et comptent s’abstenir au second, qu’est-ce qui leur prend avec leur slogan « Ni Macron ni Le Pen » ? Alors, tout d’un coup, on ne veut plus se salir les mains et on me laisserait gagner ou engranger encore plus de « légitimité démocratique » ? Mais que s’est-il passé ? Depuis quand, avec votre bulletin de vote, vous me traitez à égalité avec Macron ?

C’est comme si en 1942, toutes proportions gardées, des résistants de la première heure avaient proclamé tout d’un coup : « non, finalement, c’est Ni Pétain ni De Gaulle, tout ça c’est du pareil au même », sous prétexte que le général était colonialiste, capitaliste, sexiste et j’en passe ! Vous vous attendiez à quoi avec Macron en 2017 ? C’était un « vote qui pue » et vous le saviez. Et, là, sous prétexte de ne pas ou ne plus vous salir avec un vote qui pue, vous semblez prêts à jouer avec un « vote qui tue » ?
Qu’est-ce qu’il y a les gauchos ? Je suis tellement normalisée que, ça y est, vous êtes tombés dans le panneau et vous croyez que je fais partie du paysage républicain, démocratique, tsointsoin... Comment le danger Le Pen, ce moteur « résistant » en 2002, a-t-il pu se transformer en moteur « niniste » vingt ans plus tard ? J’ai même vu des hashtags Toutsaufmacron sur des listes de diffusion a priori de gauche.

Eh oh, les anticapitalos, on a perdu le sud ou quoi ? Vous voulez qu’on tire sur vos dernières ambulances, c’est ça ? Si vous avez été incapables d’en finir avec l’extrême droite dans la rue, faites-le au moins dans les urnes ! Et si vous ne le faites pas pour « vous », faites-le au moins pour les étrangers puisque vous les aimez tellement ! Et pour moi aussi du coup car, depuis que je suis normalisée, je refuse de marquer l’Histoire du même sceau que Trump, Poutine, Orban ou l’autre danseur de samba ! Nous, quand on arrive au Pouvoir, on y reste et, pour nous virer, faut en payer le prix, pas juste voter. T’as oublié ça aussi ?
Alors, j’ai entendu dire que les « ninistes » et d’autres me promettent des « émeutes », un « troisième tour social ou législatif », un « premier mai résistant » ou je ne sais encore quelle incantation rituelle comme à chaque élection au son de votre hymne à la con « On lâche rien ! On lâche rien ! On lâche rien ! ». Dites, changez de disque car, le coup du troisième tour, ça fait 60 ans qu’on l’entend et l’attend !

Sérieusement, les gauchos, vous avez vu poindre quelque chose de sérieux depuis que je suis qualifiée au second tour ? Déjà, quand Zemmour vous faisait flipper à 15 % avec son Grand Remplacement et son nettoyage des prénoms, vous avez fait quoi à part préparer AUSSI les conditions d’un « vote utile » pour un candidat qui, comme d’autres, fait l’autruche et parle aujourd’hui de « vote de conviction » alors qu’il a même renoncé à mettre en avant le mot « gauche » ? Quoi de surprenant après que vous vous retrouviez avec une part non négligeable de son électorat prête à voter Le Pen ? Non mais, sans déconner, vous ne voyez pas que le cocktail est explosif et juste annonciateur de...RIEN. Hormis le risque que je gagne et que j’applique mon programme ou, a minima, que les « démocrates » continuent de lécher mon agenda politique, notamment en matière migratoire.

Et si je gagnais, vous croyez vraiment que là, d’un coup, la France se lèverait dimanche soir ? Ouhouh, on se réveille les blaireaux, vous avez vu combien vous étiez dans vos 12 manifs « contre le fascisme et le racisme » samedi dernier ? Quelques milliers à peine et moi, pour booster tout ça, me voilà obligée de crier dans tous les médias que manifester contre l’extrême droite suite à une élection est « antidémocrate » et je ne sais quoi encore de mobilisateur. Mais que nenni, vos manifs n’ont pas grossi et RAS non plus côté rue d’ici le Grand Soir du second tour. Comme si, sous Macron ou sous Le Pen, c’était la même rue qu’il s’agissait de prendre !

Franchement, les cocos, si je gagnais, il me faudrait quelques heures à peine pour vous étouffer en toute « autonomie ». Je crois même que je vous laisserais une semaine d’émeutes pour rigoler un peu « démocratiquement » et puis, d’un coup, je sifflerais la fin de la récré avec mes 60 % de policiers et de soldats qui vont voter pour moi au second tour (si si, c’est le Cevipof qui a calculé...). Et là, avec une adhésion à 60 % des forces de répression qui votent à moins de 20 % pour Macron ou la gauche, je peux vous dire que vous en auriez bouffé en masse des crimes racistes et des violences policières ! Je n’ose pas imaginer vos tronches de résistants si, en plus, j’avais instauré pour les policiers la « présomption de légitime défense » qu’il y avait déjà dans le programme de mon père en 2002 et que je proposais encore en 2022 !

Bref, c’est la véritable raison pour laquelle je démissionne et renonce : le barrage face à l’éventualité de mon élection a cédé et il n’est pas totalement exclu que je gagne dimanche. Le « ninisme » a trop converti pour que je m’en remette au seul « front républicain » pour au moins perdre. Ces cons-là ont besoin de mon aide. De toute façon, même si je ne faisais « que » 45 % et si je perdais, t’imagines la gueule et l’avenir des « bougnoules » ou des « bamboul...euh pardon, des racisés ? Déjà, le Macron, il te leur a planté un beau couteau dans le Collomb avec sa loi sur l’immigration de 2018 ou celle sur le séparatisme, alors imaginez ce qu’il aurait fait pour tenir compte du « choix » des 45 % de français ayant voté pour moi !

Français, françaises, 17 % et 18 % des suffrages exprimés en 2002 ; 21 % et 34 % en 2017 ; 23 % et sans doute 45 % en 2022. Moi, je me casse, le succès Le Pen me fait trop peur.

Je vous propose d’écrire la suite mathématique logique de cette histoire avec Zemmour, il fera très bien l’affaire pour un nouveau slogan niniste prometteur en 2027. À moins que vous ne preniez à bras-le-corps l’un des problèmes fondamentaux : la Cinquième République, son histoire esclavagiste et colonialiste, son Pouvoir présidentiel exorbitant... Mais ce n’est sûrement pas une fois l’extrême droite élue que vous pourrez jouer les gros bras.
Un dernier mot aux « principaux concernés » : étrangers, étrangères, je vous présente mes excuses pour toutes les violences racistes, notamment physiques, dont les programmes Le Pen ont toujours été porteurs à votre encontre et je vous envoie mes amitiés antiracistes, voire antifascistes.

Marine Le Pen, normalisée