Déclaration du MRAP pour le 21 mars 2015, JI contre toutes les formes de racisme

dimanche 15 mars 2015
par  Amitié entre les peuples
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Déclaration du MRAP pour le 21 mars 2015,
Journée Internationale contre toutes les formes de racisme

Le 21 mars 1960, à Sharpeville en Afrique du Sud, 60 000 Africains brûlèrent leur laissez-passer pour protester contre l’apartheid ; la répression fit 69 morts dont de nombreux lycéens et collégiens. C’est en hommage à ces victimes que le 21 mars a été décrété journée internationale de lutte contre le racisme par l’ONU en 1966.
49 ans après l’instauration de cette journée mondiale, 43 ans après le vote par le Parlement français de la Loi du 1er Juillet 1972 instituant le racisme en tant que délit, le MRAP s’inquiète d’une montée sans précédent, depuis ces 50 dernières années, de toutes les formes de racisme et du rejet de l’Autre parce que différent. Dans le même temps, on assiste aux inquiétants phénomènes réactionnaires que constituent une montée de l’homophobie ainsi qu’une remise en cause des droits des femmes.

Comme dans les années 30 du siècle dernier, les vieux démons réapparaissent : l’étranger, le Rom, le Musulman – ou supposés tels - sans oublier le sans papiers, redeviennent les « boucs émissaires » auxquels est attribuée la responsabilité de tous les maux et de toutes les injustices de la société dont ils sont les premières victimes.

En raison d’une situation socio-économique catastrophique et de la montée des inégalités sociales en France comme dans l’ensemble de l’Europe, l’extrême droite tente de faire oublier l’inadéquation et la dangerosité, de son « projet » pour la société toute entière. Alors qu’en France, le FN promettait des candidats « irréprochables » pour les élections départementales, le masque tombe et la vraie nature de ce parti refait surface : raciste, xénophobe et homophobe. En témoignent les propos odieux tenus par plusieurs candidats sur les réseaux sociaux ces derniers jours.

De plus, comment s’étonner de la banalisation du racisme et de la recrudescence des actes racistes lorsque des responsables gouvernementaux vont jusqu’à tenir des propos stigmatisants qui ne peuvent être perçus que comme une justification d’un rejet par nature raciste.

Depuis les attentats de janvier dernier, les actes islamophobes ont augmenté de 70% par rapport à janvier 2014, tandis que les actes antisémites ont doublé en un an. La parole se libère : se dire « raciste » n’est plus tabou. Le 11 janvier dernier, pourtant, des millions de citoyens avaient dit leur refus de la haine et de l’amalgame, en même temps que leur solidarité avec Charlie et les victimes du magasin casher.

En refusant de traiter les Roms en citoyens européens à part entière qu’ils sont, la France prolonge la persécution séculaire et les préjugés dont ils sont victimes. C’est parce qu’une politique d’État expulse les enfants vivant avec leurs familles que les plus extrémistes se sentent libres de rejeter les Roms jusque dans la mort comme ce fut le cas pour la sépulture refusée à la petite Maria Francesca dans la commune de Champlain.

Les droits des migrants se voient sans cesse remis en cause, et la France, comme l’Union Européenne, persistent dans leur refus de ratifier la « Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille » adoptée le 18 décembre 1990 par l’Assemblée Générale des Nations Unies. Quant à la convention de Genève du 28 juillet 1951, relative au statut des réfugiés, c’est encore bien « chichement », par rapport à d’autres pays, que la France consent à en respecter les obligations, annonçant son intention d’accueillir 500 réfugiés syriens sur les 2,5 Millions de réfugiés en attente d’accueil et réinstallation à travers le monde.

La Méditerranée, mer d’échanges et de brassage entre les peuples depuis l’antiquité, s’est transformée au XXIe siècle - et dans l’indifférence générale des gouvernants - en un cimetière marin le plus immense du monde ! Plus de 20 000 migrants à la recherche d’un monde meilleur y ont trouvé la mort.

En ce 21 mars, le MRAP réaffirme, à la fois, son refus de toute forme de racisme et son refus d’une société racisée. Il refuse les politiques de boucs émissaires et condamne les discours de haine d’où qu’ils viennent. Le racisme ne doit pas être un fonds de commerce électoral.

Parce que le racisme prospère sur les inégalités, le MRAP appelle à une mobilisation de toutes et tous pour une véritable égalité des droits. La solution n’est pas dans de redoutables futurs « matins bruns » mais dans une lutte partagée visant à faire reculer les problèmes sociaux et politiques de la France, générateurs d’inégalités, de concurrences et de ghettoïsation.

A PARIS, RENDEZ-VOUS LE 21 MARS 2015 A 15h00
AU DEPART DE BARBES

Ensemble contre toutes les formes de racisme et contre le fascisme

POUR LE VIVRE ENSEMBLE

Paris, le 11 mars 2015