De la démoralisation du monde à sa surmoralisation autoritaire. C Delarue

samedi 8 mars 2014
par  Amitié entre les peuples
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De la démoralisation du monde à sa surmoralisation autoritaire.

Quand des processus contradictoires apparaissent il importe de les lier dans une même critique, ce qui n’est pas toujours aisé. Certains accusent le capitalisme publicitaire mais pas les versions autoritaires et totalitaires qui brident fortement les moeurs. D’autres font l’inverse.

Du « çà » débridé sans autrui au « surmoi » psycho rigide et autoritaire.

On passe dans certains lieux, d’un système de démoralisation du monde issu de la victoire du néolibéralisme, de la marchandisation généralisée, à l’imposition de l’intégrisme religieux qui s’apparente à une surmoralisation rigide et autoritaire qui enferme les femmes sous une sexoséparatisme profondément sexiste.

Le néolibéralisme, forme contemporaine du capitalisme, notamment de la domination du capital financier sur le capital industriel et commercial, est porteur d’une forte extension de la marchandisation des biens et services contre l’Etat social et ses services publics, d’un approfondissement de l’exploitation du travail salarié, du maintien des oppressions sexistes et racistes. Le néolibéralisme assure la suprématie du consumérisme de masse et fait de l’addiction à la consommation le comportement ordinaire de l’individu conforme et intégré à la logique systèmique. Il assure aussi le passage de l’Etat social à l’Etat pénal qui va au-delà des sanctions classiques jusqu’à l’imposition d’une forme de violence symbolique et psychologique ; ce que font aussi les divers intégrismes mais sur le versant opposé, celui du surmoi, de la surmoralisation rigide et autoritaire.

Face aux problèmes récurrents des individus soumis à la prédation néolibérale on trouve deux types de fuite : la fuite vers les addictions consuméristes et la fuite obscurantiste, à variante spiritualiste ou à variante religieuse intégriste. Qui dit fuite dit refus d’affronter frontalement deux types de conflits, le conflit interne (psychique) individuel et le conflit externe de nature social (cf aux rapports sociaux de domination, d’exploitation du travail salarié, d’oppression raciste et sexiste. La nature de l’être humain est condradictoire et excentrée.

La haine des femmes vient de deux excès : peur du sexe, amour égocentrique du sexe.

- l’un versus surmoi rigide, austère et autoritaire passe à la violence contre les femmes d’abord en les voilant et en les enfermant. Ils ont peur du sexe, de leur sexualité de leur pulsion mais ils rendent les femmes responsables. Ils passent à la violence , quand même, en les violant. Le viol et les autres formes de violence contre les femmes ne sont pas rares malgré les préceptes religieux interdictifs.

- l’autre, versus çà ultralibéral en matière de moeurs se moque du vêtement. Il veut arriver à ses fins sans se préoccuper des apparences. Toute femme peut faire « l’affaire », son affaire. Ce type d’homme se préoccupe d’abord de lui, de son membre viril et de sa jouissance. User de la prostitution ne lui pose pas problème et le viol est envisageable.

Ces deux types d’homme sont fort différents mais aucun n’aime les femmes. Ils n’ont d’ailleurs pas de mots assez durs les uns et les autres pour les critiquer, les stigmatiser, les insulter. Entre ces deux extrêmes, il y a place pour développer de multiples formes d’amour pour les femmes. il y a l’amitié et l’amour.

Ce qui est commun entre amour Agapé (amitié) et amour érotique et charnel (Eros)

Erich Fromm explique que l’amour signifie « prendre soin de » formule qui peut se traduire aussi par « faire attention à ».
Je pense et pose que cette définition vaut aussi bien pour l’amour amitié que pour l’amour érotique et charnel, hétérosexuel ou homosexuel.
L’amour érotique use souvent de menues transgressions aux fins d’excitation sexuelle. Ces dernières doivent être intimes et partagées.

Le partage suppose le consentement mais dépasse le simple consentement en introduisant de l’émerveillement et de l’admiration même là ou subsitent des formes légères de domination. Car on ne saurait oublier que ce monde les secrètent au coeur de l’individu, homme ou femme, et que nul ne peut se prétendre dégagé totalement. D’ailleurs, l’intégrisme religieux est souvent qu’un essai dogmatique et autoritaire de dégagement de la séduction et du sexe.

Christian DELARUE

26 mai 2013

http://libertesconquises.blogspot.fr/2013/04/de-la-demoralisation-du-monde-sa.html

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