Critique du « populisme de gauche » - TMI

mardi 3 juillet 2018
par  Amitié entre les peuples
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Critique du « populisme de gauche »

2 juillet 2018 Arturo Rodríguez

Révolution - Tendance Marxiste Internationale

Des dirigeants de plusieurs partis de la « gauche radicale », notamment en Europe, se réclament d’un « populisme de gauche ». C’est le cas de dirigeants de Podemos, en Espagne, mais aussi de dirigeants de la France insoumise. Parmi les intellectuels qui ont tenté de donner un fondement théorique au « populisme de gauche », Ernesto Laclau et Chantal Mouffe occupent une
place centrale.

Nous publions ci-dessous de larges extraits d’un article publié par nos camarades de Lucha de clases, section espagnole de la Tendance Marxiste Internationale. Il s’agit d’une analyse marxiste – et critique – des idées de Mouffe et de Laclau.

Une théorie idéaliste

Ernesto Laclau (1935-2014) est un intellectuel argentin qui a passé la plus grande partie de sa carrière à l’université de l’Essex, en Angleterre. Il vient d’une tradition marxiste, mais, dans les années 80, il a commencé à remettre en cause les idées fondamentales du marxisme, notamment dans son livre Hégémonie et stratégie socialiste, écrit en 1985 avec sa compagne et collaboratrice, la politologue belge Chantal Mouffe. Tous deux se qualifient de « post-marxistes » et ont développé leurs idées dans Emancipation et différence (1996) et dans La raison populiste (2005), entre autres.

Leurs théories reposent sur l’abandon de la conception matérialiste de la société. L’un des fondements du marxisme est l’idée que l’être social détermine la conscience : les conditions matérielles d’existence d’un individu, sa position dans la structure économique et sociale, conditionnent ses idées et sa manière de voir le monde. De même, le mode de production dominant d’une société donnée et son niveau de développement général déterminent, en dernière analyse, sa culture et son système politique. Ce ne sont pas les idées qui « font » l’histoire ; c’est le développement technologique et économique de la société qui, en dernier ressort, détermine l’histoire des idées.

Marx a prouvé que le développement des forces productives est le moteur de l’histoire. Il détermine – à travers de grandes crises et des révolutions – la succession de systèmes sociaux toujours plus complexes. Ce processus n’est pas linéaire : il est marqué par des conflits et des ruptures brutales, car les changements profonds sont le fruit d’une lutte constante entre les facteurs nouveaux (qui se renforcent) et les anciens (qui dépérissent).

Laclau et Mouffe rejettent tout cela. Ils récusent toute « morphologie sous-jacente de l’histoire ». Ils soutiennent que le développement économique dépend de la vie politique – et que celle-ci assure la direction fondamentale du processus historique. Ils parlent d’« autonomie de la politique », pour désigner l’indépendance et le primat de la politique sur l’économie. Ils rejettent l’idée que de grandes lois et de grands processus gouvernent l’histoire. Celle-ci serait complètement aléatoire, captive des avatars de la politique. « L’histoire est radicalement ouverte », concluent-ils.

https://www.marxiste.org/theorie/philosophie/2383-critique-du-populisme-de-gauche


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