Contre-mouvement réactionnaire : L’intégrisme catholique en Pologne vers un ordre moral patriarcal dur et autoritaire. C Delarue

dimanche 12 février 2017
par  Amitié entre les peuples
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Contre-mouvement réactionnaire : L’intégrisme catholique en Pologne vers un ordre moral patriarcal dur et autoritaire.

Christian Delarue (avec l’appui de textes de Monika Karbowska)

Outre l’intégrisme religieux musulman et celui des juifs haredim qui ont pour point commun une volonté sexoséparatiste de chaque jour (réclusion des femmes à la maison et mise sous hypertextile) j’avais aussi mis l’accent sur le profond conservatisme de moeurs des intégrismes religieux sévissant sous les dictatures du Portugal de Salazar, de l’Espagne de Franco, de la Grèce des Colonels. J’avais laissé de côté les intégrismes religieux à l’Est. Ils sont nombreux. Je n’en évoque ici qu’un seul : celui sévissant en Pologne.

« Sous la houlette du pape Karol Wojtyla, l’Eglise catholique vaticane s’est radicalisée » écrit la militante féministe et altermondialiste Monika Karbowska en 2010. Le conservatisme de moeurs de l’Eglise polonaise est non seulement monté en puissance dans la société et au coeur de l’appareil d’Etat mais il s’est doublé une longue pratique conservatrice et même réactionnaire au plan (anti)démocratique et (anti)social .

"En Pologne ce but est clairement défini dès le début des années 80. Des journaux, des lettres pastorales, des prêches, des discours dans les vastes réseaux rassemblant les femmes, les jeunes, les ouvriers et l’intelligentsia et fondés par l’Episcopat polonais affichent clairement l’ambition de revenir à la situation qui prévalait au 19 siècle. Les femmes doivent à nouveau être soumises à l’homme, le pouvoir du pater familias restauré, la liberté sexuelle interdite. Le droit à l’IVG et à la contraception, dont les Polonaises disposent alors depuis 1956, est bien sûr dans la ligne de mire, mais le Vatican voudrait également interdire le divorce. En 1989 le pape était certain de pouvoir instaurer revenir en Pologne une véritable théocratie catholique dans laquelle tout acte législatif serait soumis à l’approbation des évêques. Le Vatican et l’épiscopat polonais fait pression dans ce sens sur des gouvernements polonais affaiblis par une crise sociale et politique sans précédent. Ces pressions aboutissent à la signature du concordat de 1995 qui donne à l’Eglise un pouvoir très étendu au détriment de l’Etat polonais : obligation par l’Etat d’entretenir des leçons de catéchisme à tous les niveaux de l’école publique, restitution sur simple demande de l’épiscopat des biens nationalisés même avant 1945, contrôle de l’Eglise sur la vie des citoyens via le mariage concordataire. En outre, tous les domaines touchant la morale sexuelle doivent être soumis à l’appréciation de l’Eglise. L’IVG est donc interdite en 1993 malgré une longue résistance des mouvements sociaux laïques menés par l’association Neutrum, tandis que les premiers contacts féministes avec le Planning Familial Français aboutissent à la création de la Fédération Planning Familial Polonais, fer de lance du renouveau féministe en Pologne.

CF Capitalisme, nationalisme, militarisme et fondamentalisme religieux en Pologne. M Karbowska