Colloque Louise Michel : J Rancière

lundi 8 février 2010
par  Amitié entre les peuples
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Colloque Louise Michel janvier 2009 Paris université de St Denis

Jacques Rancière

450 auditeurs

*

Le point d’appui de la pensée de Rancière c’est le refus de toute avant -garde et par là, le refus de toute théorie déjà constituée qui guiderait de manière infaillible l’action révolutionnaire.

Il cite une lettre de Engels à Marx de 1851 qui disait : « La révolution relève d’un mouvement naturel, il n’y a pas besoin de théorie de l’action pour l’éclairer. »

Pour justifier et expliquer cette thèse, il avance plusieurs arguments.

Rancière ne croit pas au sens de l’histoire. Il n’y a pas de but à atteindre dans le futur, qui par définition, est imprévisible. Nul ne peut connaître la voie pour arriver à une transformation globale du monde. On inventera des futurs qui sont inimaginables.

« L’émancipation ne sera jamais l’accomplissement d’une nécessité historique, ni le renversement héroique de cette nécessité. »

Nul n’est souverain, visionnaire ou démiurge, les hommes feront ce qu’ils pourront en fonction des circonstances.

La politique ne relève pas de la science.

Mais alors, qu’en est-il du communisme ?

Il est, ce vers quoi nous allons, mais il faut en redéfinir les conditions de possibilité.

La première de ces conditions, c’est l’instauration de la confiance.

L’égalité, chez Rancière, est le point de départ et non pas le but. L’émancipation ne peut se réaliser que si l’on admet l’égalité de tous, comme préalable. Autrement dit, l’exigence première se situe dans la confiance que j’ai en l’intelligence des autres, de tout autre.

Attention, cela n’implique pas non plus que toutes les idées sont bonnes à prendre. Rancière indique, non sans un certain humour, que la convergence incantatoire des luttes ne saurait impliquer de les relier toutes : « Il y en a certaines dont on doit se débarrasser ! »

Enigmatique, il nous laisse le soin de les repérer…

Si Rancière insiste autant sur ce préalable de la confiance, c’est parce qu’il n’a jamais été établi, ni par la révolution française ni par la révolution communiste. Cette conviction lui vient des recherches qu’il a effectuées dans les archives concernant le mouvement ouvrier du début du XIX ème siècle. Ces recherches l’ont conduit à la grande découverte qui inspire son œuvre C’est celle qu’il décrit longuement dans son livre : Le maître et l’ignorant, où il dit son admiration pour Jacotot, le pédagogue qui découvrit enfin que les élèves pouvaient apprendre par eux-mêmes. Il faut poser l’égalité de potentiel des intelligences, aime - t- il à répéter. « L’intelligence ne correspond à aucune position dans l’ordre social. » Il n’y a pas l’inaptitude de l’artisan de l’ouvrier, de l’employé. On n’a pas seulement l’intelligence de son travail, et, en tout état de cause, osons dire, dans les usines que« le travail peut attendre ! » et que l’on passe à la discussion.

L’espace privé de l’entreprise peut devenir espace public, et la puissance collective des hommes et des femmes créera l’organisation communiste de la société.( Pensons à l’action des LIP en 1973.)

Ainsi, il n’y a de révolutionnaire qu’en temps de révolution. La révolution n’existe qu’en acte !

Pour autant le communisme n’est pas introuvable.

« Il existe chaque fois que des capacités sont engagées, chaque fois que l’on met de l’action en commun sur un modèle affirmatif face au modèle dominant ». « Les moments communistes de l’histoire ont montré plus de capacités organisatrices que la routine bureaucratique. »

L’hypothèse de confiance est menée chez Rancière jusqu’à son terme puisque, selon lui le pouvoir ne doit être confié, ni au plus riche, ni au plus intelligent, ni à celui qui veut le pouvoir, mais à n’importe qui : il préconise donc le tirage au sort.

Dans un article du recueil :Tant pis pour les gens fatigués, non cité dans la conférence, il écrit : « Si les gens s’engagent dans la politique, c’est pour se faire une vie plus intense, avec davantage de communauté, et , ce, au présent(...) Le futur communiste a toujours été un présent. Il n’y a pas de communisme en dehors de la mise en commun des capacités engagées dans des points de résistance. »

C’est la raison pour laquelle, Rancière s’est réjoui de la victoire contre le CPE, de la solidarité contre les expulsions de sans-papier, de la ronde des obstinés, des mouvements dans les écoles, des actions pour la Palestine, etc...

« Le problème réside dans la constitution d’une organisation qui soit capable de s’ériger en acteur général de la politique » dit-il toujours dans ce même recueil. Problème crucial qu’il n’a pas eu le temps de développer dans le temps imparti pour cette rapide conférence.

Concluons donc encore avec une citation du même livre.

« Dans toute lutte, il y a un avenir en jeu, mais nous ne savons jamais quel est le sens de cet avenir. »

Annie COLL

NB

La conférence m’a servi de canevas, mais je me suis servi de mes lectures pour essayer d’éclairer ; de mon mieux, ses propos.


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