Ces tribunes qui nous fatiguent - Pamela Tamby

samedi 13 janvier 2018
par  Amitié entre les peuples
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CES TRIBUNES QUI NOUS FATIGUENT !

Pamela TAMBY - 10 janv 2018

http://amitie-entre-les-peuples.org/Ces-tribunes-qui-nous-fatiguent-P-Tammy

L’atmosphère commence à devenir anxiogène. Je lis ici et là des expressions comme « collabottes » au sujet de la centaine de femmes qui ont co-signé la tribune publiée dans Le Monde. Bien entendu, chacun(e) est libre d’utiliser l’expression qu’il/elle veut - c’est le principe même de la liberté d’expression - mais j’ai trouvé cette expression excessive et inappropriée, qu’on soit d’accord ou pas avec le contenu de ladite tribune. Les excès de langage de l’un ou de l’autre camp desservent la cause des femmes qui se disent victimes de harcèlement et d’agressions à caractère sexuel (ou pas) et ne contribuent aucunement à améliorer la relation entre hommes et femmes.

Un peu de mesure et de raison serait salutaire si l’on veut réellement que les choses avancent, je veux dire dans la vraie vie, pas sous les projecteurs d’Hollywood, pas sur le tapis rouge de la Croisette ou pas sur le papier glacé des magazines people.

Pour détendre cette ambiance pesante et respirer un bon coup avant que l’autre camp dégaine par tribune interposée, quelques évidences :

1. Quand une femme veut se faire chatouiller le minou, elle sait se faire comprendre et elle sait faire passer le message. Oui oui, ne me dites pas que vous découvrez en 2018 que certaines femmes aiment séduire. La séduction féminine a toujours existé et existera toujours et fort heureusement. Et quand elle veut que le minou soit préservé de toute tentative de chatouillement, elle sait aussi se faire comprendre, et dire non. Le hic survient quand l’aspirant chatouilleur refuse d’entendre le non ou ne sait pas entendre le non.

2. Quand un homme veut faire chanter son oiseau, il sait se faire comprendre et il sait faire passer le message. Et quand il ne veut pas aussi. Oui oui, certains hommes disent non face aux sollicitations des femmes. Pas la peine de jouer les saintes nitouches, hein. Le jeu de séduction n’est pas la chasse-gardée des hommes et fort heureusement.

3. Est-il besoin de le préciser ? Mais puisqu’il le faut, allons-y. Bien évidemment que tous les hommes ne sont pas des harceleurs, violeurs, agresseurs, malades ou obsédés sexuels en puissance. Bien évidemment, il existe des hommes admirables et formidables et ils sont nombreux. Bien évidemment, se faire mater par un homme - beau (c’est subjectif) et intelligent (c’est subjectif aussi) - est plaisant et flatteur. Peut-être pas pour toutes les femmes. Mais pour nombre de femmes. Idem pour les hommes. Savoir qu’on plaît rassure. Qui dira le contraire ? Et oui, on vous aime Messieurs. Que serions-nous sans vous ? Et vous, sans nous ?

4. Non, toutes les femmes - et toutes les féministes, j’en suis - ne sont pas des « hystériques » qui détestent les hommes, qui veulent nuire aux hommes. Non, toutes les féministes ne sont pas des « mal baisées », pour ne pas dire pas baisées du tout, et ne sont pas des « coincées de la culotte (me concernant) ou du string (pour les autres) ». Oui, certaines féministes aiment les blagues coquines et salaces. J’avoue rire beaucoup quand je lis certains d’entre vous. Les coquins se reconnaîtront hein...

Ceci étant dit, il y a aujourd’hui une confusion, intentionnelle ou pas, entre séduction, harcèlement et agression. J’ai soutenu le hashtag #Balancetonporc. Ce hashtag n’est pas le meilleur des hashtags, j’en conviens volontiers, mais il a eu le mérite de libérer la parole des femmes. Comme toujours les réseaux sociaux décuplent les effets et l’excès finit par nuire à toute bonne initiative. Le déferlement qui s’est ensuivi s’est transformé en du grand n’importe quoi. Tout y est passé. Ainsi au milieu de vrais cris de détresse provenant de femmes, et dans une moindre mesure, d’hommes en souffrance, on a aussi assisté - ça me coûte de le dire, mais soyons honnêtes - à des lynchages en public, des calomnies, des règlements de compte pour ternir la réputation d’un collègue qu’on n’aime pas etc.

Et dans ce grand bruissement, aucun discernement. Une main baladeuse au cul, une remarque désobligeante sur des nichons qui avaient doublé en volume après un accouchement, une caresse sur l’épaule, un compliment sur un fessier rebondi, un viol avec pénétration, tout était mis sur le même plan et jeté en pâture sans le moindre souci des conséquences que cela pouvait engendrer. Et voilà comment ce qui devait être une louable initiative pour libérer la parole des femmes a fini par devenir une retentissante polémique et a fini par irriter certains hommes et femmes, ce qui, si j’ai bien compris, a donné lieu à cette tribune dans Le Monde.

S’agissant de ladite tribune, même si elle a le mérite de soulever certains questionnements quant à cet emballement du débat public sur le harcèlement et les agressions à caractère sexuel dont sont victimes les femmes, elle me gêne car elle brouille les frontières entre séduction et harcèlement/agression. Certains passages sont caricaturaux comme celui sur les frotteurs et sont coupés de la réalité quotidienne que l’on peut vivre dans les transports en commun face à certains comportements déplacés et inacceptables. Ce sont mes deux principaux reproches.

Il y aura toujours des désaccords sur un tel sujet. Il y aura toujours des pour et des contre, des oui et des oui mais...
Mais ce qui me semble important aujourd’hui, c’est l’éducation au respect de la dignité des êtres. Des hommes comme des femmes. Et en la matière, il y a du boulot...!!

https://www.facebook.com/pamela.tamby.1/posts/10156027911499634


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