Ce qui freine le changement social et environnemental en Martinique C Delarue

dimanche 14 avril 2013
par  Amitié entre les peuples
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Ce qui freine le changement social et environnemental en Martinique
01 avril 2013 Par christian delarue

Les facteurs qui suivent freinent considérablement tout changement d’importance en Martinique.

Ces facteurs concernent le peuple-classe martiniquais et non son oligarchie locale qui forme un cercle autour du pouvoir des Békés. Les Békés sont tout à la fois une vielle caste esclavagiste « blanc-créole » et une classe sociale (capitaliste) toujours dominante sur l’île. Ils représentent environ 3000 individus sur 400 000 martiniquais. Cette particularité fausse beaucoup la double image touristique d’une île métissée, douce et sans conflit et d’une île désormais riche du fait de la spéculation immobilière.

- La constitution progressive d’une couche sociale dite « moyenne » (donc ni pauvre ni riche mais relativement aisée), de toute couleur, sert de stabilisant social . Elle sera vue comme très matérialiste (au sens vulgaire du terme) et très présente au sud de l’île. Une fraction de cette couche sociale s’accommode sans souci de la situation sociale très difficile de certains secteurs (ouvriers agricoles par exemple) tout en souhaitant parfois une évolution modérée au plan écologique sur l’île. Une autre fraction est plus critique et consciente de la situation globale. Elle peut s’impliquer dans des actions collectives, voire dans des syndicats, les associations, etc.

- Les religions stabilisent aussi la société . Une forte présence de groupes « spirituels » divers (au nord) et de religions (la catholique, l’adventiste, la « bobo dread », etc..). vient en quelque sorte compenser le « matérialisme des parvenus » (sic). Ce qui débouche parfois sur des formes d’intolérances réciproques (1) et in fine de sexisme. Mais globalement, ces prêches n’incitent guère à l’esprit critique et à l’action collective au plan social (luttes ouvrières) ou au plan des moeurs (position contre le mariage des homosexuels, peu enclin au respect de la laicité, positions anti-sexe, etc...) . Cependant une sensibilité « spirituelle » de respect de la nature est parfois présente mais non organisée car individualisée et hors conscience des rapports sociaux qui clivent la société. Globalement on y apprend plus à courber l’échine fraternellement qu’à relever la tête pour se battre contre les dominations et oppressions.

- S’y ajoute, une atmosphère de fête, avec pour certains usage d’alcool ou d’herbes, qui sert aussi - en plus de l’aspect positif de la détente et du plaisir (ne soyons pas rigoriste) - de fuite pour éviter d’avancer collectivement contre les maux qui sévissent sur l’île.

- Une évolution médiatisée de certains Békés qui sont montrés parallèlement comme bons donne un sentiment de complexité. Exemple : les 200 Békés signataires d’un appel pour la reconnaissance de l’esclavage (2). En dehors de cela rien ne change : surexploitation ouvrière dans de nombreux secteurs.

Christian DELARUE

1) Pointer des « femmes vulgaires », des « pétasses » au sud signe une forme de sexisme relativement prisée au nord. Pointer des « rastas sales et désoeuvrés » au nord signe une forme de racisme existant au sud. La vérité n’a évidemment rien à voir avec ce simplisme et ces stigmatisations, même si grosso modo le nord se distingue du sud, plus urbanisé et plus touristique. Le côté atlantique du côté caraibe aussi.

2) L’indécence du béké Alain Huygues-Despointes

http://www.montraykreyol.org/spip.php?article1998


Brèves

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