Avancées et limites de la Pérestroïka gorbatchévienne. C Delarue

dimanche 9 août 2009
par  Amitié entre les peuples
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Retour sur les avancées et limites de la Pérestroïka gorbatchévienne.

Il y a vingt ans, en 1987, Perestroïka, l’ouvrage de Mikhaïl Gorbatchev était massivement diffusé de part le monde. Le chef de l’Etat soviétique entendait s’adresser directement aux citoyens du monde. Ce n’est pas une interprétation journalistique c’est ce qu’il écrit en première page de son livre. Pérestroïka signifie restructuration, et en l’espèce restructuration globale pas seulement de l’appareil économique. Il témoigne d’une volonté d’une profonde réorientation de son pays.

Mikhaïl Gorbatchev écrit page 21 : « Accoutumés que nous étions à donner la priorité à la croissance quantitative, nous avons essayé d’enrayer la baisse du taux de croissance, mais nous l’avons fait en augmentant continuellement les dépenses : nous avons renforcé les industries énergétiques et augmenté la consommation de ressources naturelles. » Mikhaïl Gorbatchev n’évoque pas l’écosocialisme qui n’est sans doute pas pour lui une référence idéologico-politique mais l’idée est là puisqu’il veut un pérestroïka du socialisme qui abandonne le productivisme pour retrouver les racines du socialisme. Gorbatchev se montre étonnamment lucide et critique sur le système productiviste soviétique. Pour le changement il veut s’appuyer sur la solide protection sociale existante dont sont fiers 280 millions de soviétiques et à partir de là engager un important processus de démocratisation . Il ne cache pas l’ampleur du débat à engager sur ce point.

On pourrait se demander s’il est possible de démocratiser le socialisme bureaucratisé et le dégager du productivisme en maintenant une « culture du résultat » ? La réponse est ambiguë. Mikhaïl Gorbatchev s’appuie pour enclencher ce processus sur le fait « qu’une collectivité de travail développe le désir commun d’avoir le droit de contrôler son entreprise et les procédés de travail, si les résultats doivent déterminer les revenus collectifs et la vie que l’on aura ». (p144) Il y a l’idée d’accoupler une certaine autogestion dans les entreprises avec une stimulation par les résultats. Pour Mikhaïl Gorbatchev il s’agit ainsi de promouvoir un renouveau des valeurs du socialisme. « L’aspect moral de la question est d’une extrême importance. Si nous ne faisons pas revivre dans les faits les valeurs socialistes dans nos collectivité de travail et dans la société dans son ensemble, nous échouerons à conduire jusqu’à son terme l’effort de restructuration. Nous pouvons bien proposer de bonnes mesures et des mécanismes efficaces, il n’en sortira rien si la société ne s’améliore pas par la consolidation des valeurs du socialisme, de la justice sociale avant tout, et par une redistribution en fonction du rendement au travail, une discipline, des lois, des règles et des exigences, qui soient les mêmes pour tous. » Le propos témoigne d’un faible dégagement par rapport au stakhanovisme en vigueur dans les entreprises soviétiques mais il montre au moins un souci d’appliquer la même rigueur de discipline à tout le monde.

On sait que depuis une restauration du capitalisme s’est produite pour abattre l’émergence possible d’un autre socialisme, répondant aux aspirations des peuples et moins agressif contre la nature. La démocratisation n’a pas suffisamment avancée contre la bureaucratisation et le parti unique . Une rupture politique franche était nécessaire. Elle n’a pas eu lieu. Le stakhanovisme s’est coulé dans le capitalisme émergant tout comme le productivisme.

Christian Delarue
Juillet 2007


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