Accompagnatrices voilées : trois réponses au CCIF. C Delarue

dimanche 17 septembre 2017
par  Amitié entre les peuples
popularité : 6%

EMPRISE D’ UNE CULTURE HYPERPATRIARCALE et JEUNESSE

Accompagnatrices voilées des jeunes dans le cadre scolaire : trois réponses au CCIF

Le CCIF s’exprime à propos des accompagnatrices voilées refusées non parce que musulmanes mais parce que voilées. Elles sont très souvent bien admises comme accompagnatrices de sorties scolaires, mais sans voile. Le CCIF s’oppose à ces décisions au motif de la discrimination non légale. Il y a besoin de changer la loi, de la compléter pour que le souci des mineurs soit intégré.

L’accompagnement d’une sortie scolaire se fait auprès de jeunes, soit des jeunes de tout âge : maternelle, primaire, collège, lycée. C’est sans doute différent entre enfants du primaire et lycéens. Or le voile (et l’hypertextile) et la marque d’une sous-culture sexoséparatiste et hyperpatriarcale qu’on ne saurait oublier ou taire au nom du respect des traditions religieuses. Bref ce port de l’hypertextile heurte la conscience commune acquise aux idées de liberté et d’égalité hommes - femmes. Et ce n’est pas ici la religion en soi qui est visée mais un type particulier de comportement.

Trois réponses sont possibles :

- L’argument du parallélisme « textile » : string-voile.

Admettons que je veuille accompagner des enfants en string seulement. Cela ne passera pas à raison. A cause de la loi dira-t-on. Laissons la loi un moment car fausse piste pour débattre.

Cela ne passera pas car il peut y avoir gêne de la part des enfants ou gêne des parents par rapport à leurs enfants. Ces mêmes parents qui peuvent se montrer (relativement) indifférent pour eux-mêmes (adultes) ne tiennent pas à ce que leurs enfants soient accompagnés par un individu en string homme ou femme. Pour le voile, c’est pareil. Parallélisme des formes !

- L’exception possible à la liberté d’expression de la religion

Si on place la question du point de vue de la liberté d’expression alors il faut remarquer que cette liberté peut subir des aménagements ou des exceptions . La proximité d’enfants est parfaitement susceptible d’un souci de protection face à ce qui peut être pris comme une forme d’emprise religieuse insidieuse. On peut concevoir qu’un tel affichage religieux soit trop excessif et qu’il risque de susciter de la gêne et des questions des enfants.

Si le voile est une expression religieuse alors on peut aussi comprendre que les parents athées ou d’une autre religion ne souhaitent pas de ce type d’expression proximale et soutenue . Ces deux derniers critères sont décisifs avec, en plus, l’idée importante qu’on ne peut raisonnablement pas y échapper. Ce troisième critère montre que l’on est coincé contre une forme d’intolérance, face à un manque de souci d’autrui.

Même pour un adulte, on peut faire remarquer qu’il s’agit d’une expression particulière qui ne souffre pas d’une réponse : elle n’est pas verbale (avec réponse possible) mais en signe religieux imposé et ici durablement et de façon proximale. Et de plus, toute objection verbale, même signifiée poliment et assertivement, est ou peut être prise pour une agression. La réponse qui signifie juste une gêne est refusée comme islamophobe et objet d’un net clivage qui peut vous couter cher ! Dans ces situations, on est alors coincé ! C’est l’agresseur qui devient victime !

Mais un adulte peut trouver des solutions : partir, aller ailleurs, ne pas regarder... critiquer sur le web in abstracto, sans viser une personne !

- L’autre objection porte sur le périmètre scolaire

Des enseignants et des non enseignants sont opposés à l’immixtion des parents au sein de la vie scolaire . Or les personnels d’éducation du public sont tenus à la neutralité. Ils ne portent ni signe ostensible ni signe discret de religion.

Pour Henri Saint Jean « L’enfant doit apprendre qu’il est en classe un élève et que les règles de vie de l’école ne sont pas celles de la maison. Ce mélange des genres, ce brouillage des frontières ne leur permet pas de voir ce qui est permis ou autoriser là et pas ailleurs ».

Christian DELARUE