AG annuelle du MRAP du 21 juin 2014 : Intervention sur le populisme au singulier et au pluriel de C Delarue

dimanche 22 juin 2014
par  Amitié entre les peuples
popularité : 6%

AG annuelle du MRAP du 21 juin 2014 : Intervention sur le populisme au singulier et au pluriel de C Delarue

Populismes (au pluriel) = Manipulation !

Populisme (au singulier) ! Lequel ! De quel peuple ?

XX

Cette contribution pour la Commission extrême-droite du MRAP (mise sur Médiapart) a servie d’intervention , lors de l’AG annuelle du MRAP du 21 juin 2014, au débat sur les extrêmes-droites (lancé par Gérard Kerforn animateur de la Commission)

I - Quelques repères sur un usage polémique.

A - D’abord, le populisme nouveau est autre chose que la démagogie dit Pierre Manent (1) .

C’est un premier point important. Il peut y avoir de la démagogie mais comme ailleurs . Pour Pierre Manent le populisme est plus que çà car il y a un contenu, une orientation dans le populisme. Reste à la chercher !

B - Populismes (au pluriel) : Manipulation au profit du « fanatisme du centre » (P Manent)

Le pluriel attaché à « populisme » permet une instrumentalisation du mot « peuple » au bénéfice des élites néolibérales dominantes. Il permet (aux « centistes d’alternance »- néolibéraux) de viser dans une même dénonciation stigmatisante et englobante des « extrêmes » pourtant non seulement très différents mais aussi et surtout en opposition frontale.

Dans la France contemporaine il va s’agir de mettre, dans une même pseudo-critique, hors débat légitime et démocratique des personnages publics opposés comme Marine Le Pen (MLP) du FN d’un côté et Jean-Luc Mélenchon (JLM) du PG de l’autre !

Ce n’est ni scientifique ni sérieux mais très efficace surtout pour poser implicitement, à échelle de masse, le « centre » comme raisonnable et légitime et les « extrêmes » comme mauvais en soi et illégitimes !

(Notons - bien que ce soit secondaire à ce papier - que NPA et LO sont plus à gauche que le PG car plus anti-capitalistes)

C - Populisme (au singulier) : Lequel ? Quel peuple ?

- Quelle référence à la mobilisation démocratique ?

Dans le cadre de la « démocratie réellement existante » , le FN mais aussi une partie de la droite et même une partie de la gauche s’appuient sur le peuple-nation comme référence mobilisatrice alors que la gauche s’appuie traditionnellement sur la classe, sur classe sociale des travailleurs salariés et plus largement désormais sur le peuple social ou le peuple-classe. Pierre Manent écrit (p 278) : « La droite et la gauche se revendiquaient de deux versions du peuple, la droite du peuple national et la gauche du peuple social » . Le peuple social de Pierre Manent n’est probablement pas loin du peuple-classe altermondialiste.

- Quid de l’Europe vue comme proto-nation ?

Notons que une certaine idée de l’Europe peut fonctionner pour les élites néolibérales comme une sorte de « peuple-nation » très englobant ; un quasi-peuple intégrant la Troika (Commission européenne, FMI, BCE) alors que la nation européenne n’existe pas. On peut dire prudemment qu’elle est peut-être en formation et que les élites oligarchiques prennent leur rêve pour la réalité faute de lui donner un contenu social. Elle est une réalité pour les élites, pour les marchands, pour les grands patrons, pour nombre d’étudiants, pour les Roms, pour les migrants mais pour autant tous ne célèbrent pas la même messe pro-Union européenne ! Cette Union étant nettement aménagée pour l’oligarchie et les marchés financiers et beaucoup moins pour les peuples-classe de cette Europe-là !

II - Rompre avec les identités englobantes pour un combat transversal !

A - Un combat de type « classiste » pour une autre France, une autre Europe, un autre monde !

L’altermondialisme mais aussi la gauche et le syndicalisme des travailleurs agissent contre le néolibéralisme, l’oligarchie, l’austérité anti-sociale, pour plus social, plus de démocratie (alterdémocratie) et plus d’ écologie.

On trouve ici un « classisme » traditionnel de type marxiste ou un « classisme » altermondialiste (qui se combinent à d’autres formes de libération) plus en lien avec la notion de peuple ou d’humanité.

Défendre les intérêts de l’humanite-classe, qui est grosso modo la population mondiale des 99% d’en-bas, contre la Caste ou l’hyperclasse ou l’oligarchie mondiale

Cf Altermondialisme : Face à la dictature des marchés financiers défendre l’humanité-classe.

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1062

Une caste mondiale contre une humanité-classe. Note de lecture de C Delarue

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article2522

B - Un combat féministe transversal aux Nations.

Un combat des femmes des peuples-classe, de l’humanité-classe !

Parce ce que le sociétal - antisexisme, antiracisme, laicité, etc... - est à lier au social (les droits sociaux, la justice sociale et la lutte contre les inégalités) !

Il y a plusieurs féminismes, certains sont de type interclassistes d’autres défendent surtout les femmes des peuples-classe.

Christian DELARUE

1) Démagogie populiste et fanatisme du centre de Pierre MANENT in Le peuple existe-t-il ? Ouvrage collectif sous la direction de Michel WIEVIORKA - Ed Sciences humaines 2012.

Le populisme c’est comme le cholestérol, il y a le bon et le mauvais.

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article2216

Populisme social (de gauche) et populisme identitaire-national (d’extrême-droite).

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1773

Le populisme de gauche : le bon (social et démocratique) et le mauvais (ethnique et xénophobe)

http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/051013/le-populisme-de-gauche-le-bon-et-le-mauvais