A propos du dédoublement de la liberté de conscience.

vendredi 6 février 2015
par  Amitié entre les peuples
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A propos du dédoublement de la liberté de conscience.

La liberté de conscience, athée ou religieuse, vaut dans la société civile (et pas dans l’Etat) dans une société laïque ou l’Etat doit rester neutre.

La liberté de conscience s’exprime ordinairement dans un débat par l’expression verbale, par la parole, si possible respectueuse, et pas par l’imposition à autrui de signes religieux ostensibles qui apparaissent comme agressifs pour certains, ne serait-ce que par son côté unilatéral, non réciproque. Je veux dire ici - et je le ressens fortement - que souvent soit il n’y a quasiment pas moyen de riposter de façon égalitaire et juste. Soit on a pas envie de s’engager dans une riposte symbolique équivalente. Alors qu’on en a le droit. Il manquerait plus que ce droit n’exista pas !

La liberté de conscience s’exprimant via des signes ostensibles s’apparente plus à la liberté de culte ; laquelle ne se pratique pas à l’école ni dans un bureau de travail mais dans un lieu privé collectif (lieu de culte) ou personnel. La loi de mars 2004 (en France) contre les signes religieux ostensibles à l’école vise non seulement toutes les religions dans la « théorie » mais aussi dans la pratique : il est faux de dire que ce sont les seules musulmanes voilées il y a aussi la kippa et le turban. Elle est séculariste universaliste sur un espace circonscrit. Ces signes religieux ostensibles - pas ceux discrets - s’enlèvent pour respecter autrui et pour respecter un espace ou on a pas à enclencher de conflictualité sur la religion et l’existence de Dieu. Sauf par la parole égalitairement distribuée.

Au travail, je refuserais avec ferme conviction de travailler avec une personne qui porte devant moi son étendard de religion car c’est une perturbation constante. Dans la rue passe encore, mais au travail 7 H X 5 par semaine (et plus même) non. Et je suis ferme. J’entends qu’on me respecte autant que je respecte les convictions et consciences d’autrui.

Christian DELARUE