25 ans après : Retour sur « La nomenklatura française – pouvoirs et privilèges des élites » C Delarue

dimanche 18 décembre 2011
par  Amitié entre les peuples
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25 ans après : Retour sur « La nomenklatura française – pouvoirs et privilèges des élites »

En 1986, soit 5 ans après l’accession au pouvoir de la gauche en France, Sophie Coignard et Alexandre Wickham, écrivaient dans La nomenklatura française (1) « Qu’on le déplore ou qu’on s’en félicite, l’alternance a rendu, en 1981, notre Nomenklatura quasiment immortelle ». La gauche qui arrivait au pouvoir nationalisait et s’appuyait sur ce que P Bourdieu a appelé plus tard la « Noblesse d’ Etat » (2). Les deux auteurs, pas des gauchistes, ont introduit leur ouvrage avec un parallèle entre une nomenklatura française et la nomenklatura soviétique analysée en 1980 par Michael Voslensky. Il n’étaient pas les premiers. Deux ans plus tôt Saint Guillaume (alias JJR et autres) stigmatisait « Le gaspillage des élites » .

Nulle référence au capitalisme ou au socialisme. Pas plus de lien fait entre cette nomenklatura française et la bourgeoisie. Le livre porte sur la seule haute bureaucratie d’Etat qui est aussi pour partie une « bourgeoisie d’Etat » (mais ce n’est pas dit) et en dresse la critique. Comme si la bourgeoisie privée de marché plus riche et tout aussi dominante n’avait pas à subir de critiques en terme pouvoirs exorbitants, d’accumulation de biens, de gaspillages, etc. ! Le « club des 100 fonctionnaires » de Gilles Martinet cofondateur de France Observateur n’a pas à effacer le « règne des 200 familles » de Léon Blum. Les données sont juste plus complexe aujourd’hui.

Sophie Coignard et Alexandre Wickham écrivent alors : « Nos dirigeants politiques ne constituent qu’une petite partie de ceux qui détiennent, en France, le Pouvoir ou, du moins, un certain pouvoir ». Un demi siècle plus tard la caste politique au pouvoir, de droite ou de gauche, a formé une oligarchie politico-financière avec l’appui de la technocratie d’Etat mais aussi et surtout avec les différentes fractions de la bourgeoisie privée. Hervé Kempf a développé ce point et aujourd’hui d’autres ouvrages viennent appuyer son propos. Peut-être doit-on citer ici JL Quermonne qui en 1991 soulignait le développement d’une « administration d’état-major » à dominante politique (cf. réunions interministérielles entre fonctionnaires, les services de l’Elysée, le SGCI, le SGDN, ou encore le fameux SGG créé en 1935…).

S’appuyant sur le « Toujours plus » de F de Closet – pas franchement de gauche non plus - les auteurs critiquent le poids caché des avantages non monétaires à côté des salaires pas trop élevés des Hauts fonctionnaires plus facilement publiés. Avec le néolibéralisme, 25 ans après, cela a bien changé mais dans le mauvais sens. Les Hauts fonctionnaires aidés par le rapport Silicani s’enrichissent beaucoup plus que la grille statutaire républicaine qui en principe est fondée sur les qualifications. Les hauts traitements des hauts fonctionnaires britanniques ou ceux des hauts fonctionnaires européens tirent vers le haut le sens du « toujours plus » de ceux qui en principe sont déjà très bien payés et qui surtout sont censés travailler pour l’intérêt général. Les grands mandarins s’embourgeoisent !

Christian DELARUE

1) La nomenklatura française – pouvoirs et privilèges des élites par Alexandre Wickham et Sophie Coignard Belfond 1986

2) La Noblesse d’État
http://minuit.nuxit.net/f/index.php?sp=liv&livre_id=1961

3)Le gaspillage des élites : Confessions dun nomenklaturiste français Robert Laffond 1984
Pour info JJR a écrit ceci en 1996
http://jeanjacques.rosa.pagesperso-orange.fr/fig960229.pdf


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